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(Crédits : Rama / 2 juin 2007 / source : Wikipedia)

À 5 semaines de la présidentielle, l'incertitude semble dominer

À pratiquement un mois du premier tour de l'élection présidentielle française, le Cevipof, en partenariat avec Le Monde, révèle une étude selon laquelle 34 % des personnes interrogées ne sont pas sûres d'aller voter les 23 avril et 7 mai prochains.

(Crédits : Rama / 2 juin 2007 / source : Wikipedia)

(© Rama/2 juin 2007/Wikipedia)

Vendredi 17 mars, Le Monde, conjointement avec le Centre de recherches de Sciences Po, plus communément appelé Cevipof a publié une enquête sur les tendances électorales qui semblent se dessiner à cinq semaines du scrutin décisif de 2017 : la présidentielle.

Cette étude a été réalisée les 14 et 15 mars par l'institut Ipsos-Sopra Steria à partir d'entretiens avec près de 12 000 personnes inscrites sur les listes électorales, "constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus dont 8 205 personnes certaines d'aller voter à la présidentielle".

Concernant les personnes qui se disent sûres d'aller voter, ces dernières placent Marine Le Pen (Front National) en tête avec 27 %, juste devant Emmanuel Macron (En Marche !) qui gagne un point par rapport à la première vague de sondages réalisée début mars, en recueillant 26 % des suffrages. L'enquête étant pourtant réalisée "au moment et au lendemain de la mise en examen par la justice de François Fillon", comme le rappelle l'article, François Fillon (Les Républicains), même s'il ne recueille que 17,5 % des intentions de vote, reste stable par rapport à début mars.

Ensuite suivent Benoît Hamon du Parti socialiste (12,5 %), Jean-Luc Mélenchon pour La France insoumise (11,5 %) et bien plus loin derrière, Nicolas Dupont-Aignan de Debout la France (3,5 %), Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière (1 %). Enfin, Philippe Poutou du Nouveau Parti anticapitaliste, Jacques Cheminade du parti Solidarité et Progrès, et François Asselineau de l'Union populaire républicaine recueillent tous ex æquo 0,5 % des intentions de vote.

Selon Le Monde, Marine Le Pen "bénéficierait du socle d'électeurs le plus solide" : 78 % de ses potentiels électeurs se déclarant "certains de leur choix", contre 48 % seulement des soutiens d'En Marche !

Mais ces chiffres concernent les personnes certaines d'aller voter. Car 34 % ne sont pas sûres qu'elles ne s'abstiendront pas. On remarque qu'il s'agit principalement des jeunes. En effet, ces personnes indécises constituent 25 % des personnes de 65 ans et +, 33 % des personnes âgées de 35 à 64 ans mais surtout 43 % des moins de 35 ans.

"Un sentiment d'appauvrissement du débat politique"

Si l'élection de Trump ou les récentes législatives aux Pays-Bas montrent que les sondages ne sont pas nécessairement toujours fiables concernant le vainqueur de l'élection, il n'en reste pas moins qu'ils viennent confirmer une impression générale de déception et de désillusion des électeurs vis-à-vis de la classe politique française.

Cette enquête du Monde permet en effet de pointer du doigt un problème de fond mis au jour par cette élection : "un sentiment d'appauvrissement du débat politique." 78 % des personnes interrogées considèrent que le débat politique est en train "plutôt de s'appauvrir" contre 6 % qui pensent qu'il est "plutôt en train de se renouveler". On remarque que le nombre de déçus augmente considérablement : 13 points séparent les résultats d'octobre 2016 de ceux de mars 2017.

Enfin, on remarque qu'une grande propension de gens estime devoir voter "utile" : c'est-à-dire qu'ils mettent de côté leurs convictions afin de "faire barrage au Front national". Une stratégie qui déstabilise la campagne de Benoît Hamon. Le revirement de position des ténors du Parti socialiste sur la question quand cela les arrange est mis en lumière ici.