Rattrapé par ses propos négationnistes, Jean-François Jalkh quitte la présidence du FN

En trois jours, le parti Front national aura connu trois présidents. En effet, Marine Le Pen a laissé sa place à Jean-François Jalkh afin de se consacrer au second tour de l’élection présidentielle. Mais les propos négationnistes de ce dernier ont refait surface et il a dû céder sa place à Steeve Briois, le maire d’Hénin-Baumont.

Jean-François Jalkh. (© Wikimédia/CC)

Jean-François Jalkh. (© Wikimédia/CC)

L’eurodéputé Front national (FN) Jean-François Jalkh avait récupéré la tête du parti après que sa présidente se fut "mise en congé" de sa présidence le 25 avril, tentant ainsi de s’inspirer du général de Gaulle, qui avait réussi à se forger une stature d’homme au-dessus des formations politiques :

"Il faut passer des paroles aux actes. Il m’a paru indispensable de me mettre en congé de la présidence du Front national. Ce soir je ne suis plus la présidente du Front national, je suis seulement la candidate. Je me sentirai plus libre et au-dessus des considérations partisanes."

Seulement, son remplaçant par intérim n’aura pas tenu longtemps. Au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce vendredi 28 avril, le vice-président du Front national Louis Alliot a annoncé que ce ne serait finalement plus Jean-François Jalkh, dont les propos négationnistes sont ressortis dans les médias le 27 avril, qui assumerait l’intérim. M. Aliot a affirmé qu’il s’agissait d’une décision de ce dernier : "Jean-François Jalkh a refusé sa mission de président par intérim, il veut se défendre et déposer plainte." Aurait-on gentiment demandé à M. Jalkh, pour ne pas abîmer la nouvelle image que tente de se donner le parti, d’aller réviser l’histoire loin des caméras ?

Robert Faurisson, un "négationniste sérieux", selon Jean-François Jalkh

En effet, une nouvelle affaire vient entacher la stratégie de communication qui vise à faire oublier les propos révisionnistes et négationnistes de Jean-Marie Le Pen comme son célèbre "point de détail de l’Histoire". En effet, le quotidien La Croix a déterré une interview donnée en 2000 par Jean-François Jalkh à l’universitaire Magali Boumaza. Il y faisait une distinction entre les négationnistes "timbrés, provocateurs" qu’il affirmait trouver "détestables" et des négationnistes qui seraient "sérieux". Par exemple, selon lui, Robert Faurisson serait un négationniste "sérieux", dont il apprécie la "rigueur". On rappelle que Robert Faurisson a été condamné à de la prison avec sursis pour "complicité de contestation de l’existence de crime contre l’humanité" et déclarait en 2005 :

"Il n’a jamais existé une seule chambre à gaz d’exécution chez les Allemands, pas une seule. […] Par conséquent, ce que des millions de touristes visitent à Auschwitz, c’est un mensonge, c’est une falsification, c’est une tromperie pour touristes."

Si cela ne suffisait pas à témoigner d’une idéologie extrémiste, les journalistes de La Croix Loup Besmond de Senneville, Laurent de Boissieu, Béatrice Bouniol, Corinne Laurent et Alban de Montigny rappellent également sa présence, en 1991, à une cérémonie d’un goût douteux :

"Or, cet adhérent [Jean-François Jalkh, ndlr] depuis 1974 avait participé en 1991 à une cérémonie religieuse intégriste commémorant la mort de Philippe Pétain."

À neuf jours du scrutin décisif, le Front national a donc décidé de confier cette responsabilité à Steeve Briois, le maire d’Hénin-Baumont, un habitué des plateaux télévisés, pour se donner une image plus lisse et tenter de faire oublier la réalité des personnalités qui composent ce parti.