Israël : des milliers de manifestants ont réclamé la démission de Netanyahou

Samedi 9 décembre, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel Aviv pour protester contre la corruption du gouvernement israélien.

Benyamin Netanyahou, en septembre, lors d’une visite officielle en Russie. (© Mikhail Metzel/Tass via Getty Images)

Samedi 9 décembre, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Tel Aviv. Elles demandaient la démission du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Il ne s’agissait pas de la première fois, une autre grande manifestation ayant déjà été organisée le 2 décembre dernier.

Le chef du gouvernement israélien et l’un de ses proches font actuellement l’objet de deux enquêtes pour corruption. On soupçonne le leader du Likoud d’avoir reçu des cadeaux de la part de personnalités, ainsi que d’avoir voulu passer un accord avec un journal israélien afin d’obtenir des papiers favorables à son égard et celui de sa politique.

Sauf qu’en parallèle de ces enquêtes, comme le rappelle Libération, le gouvernement examine actuellement un projet de loi un peu particulier. Intitulé "loi des recommandations", ce dernier vise à empêcher la police de communiquer les conclusions de toute investigation concernant une personnalité publique. Cette loi pourrait donc grandement aider Netanyahou, si jamais il était reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés.

"Ce qui se passe au niveau domestique, il le noie avec des menaces sécuritaires"

On lui reproche également de vouloir duper les Israéliens en se servant de l’actualité internationale. En effet, beaucoup voient la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël comme une manière de faire diversion, comme l’a expliqué un homme présent à la manifestation à Libération :

"Bibi [le surnom de Netanyahou, ndlr] est très bon pour changer le sujet de la discussion. Tout ce qui se passe au niveau domestique, il le noie avec les menaces sécuritaires et l’international, ça n’a rien de nouveau.

Ce qui se passe dans la rue n’a rien à voir avec Jérusalem. C’est génial que notre capitale soit enfin reconnue, même si ça va nous causer un peu de souci. Mais ce soir, on est assez nombreux pour dire qu’on n’oublie pas la corruption."

Le Likoud, le parti de Netanyahou, a pour sa part réagi en condamnant "la gauche" : "Au lieu de s’unir derrière Jérusalem et de montrer un front uni au monde, la gauche ne peut se maîtriser et préfère créer la division."

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