Comment la possible abrogation de l’Obamacare pourrait nuire aux Américaines

Une proposition de loi visant à abroger l’Obamacare votée ce jeudi 4 mai considère la grossesse, le viol ou encore la violence domestique comme des "maladies préexistantes". Une discrimination des femmes très inquiétante pour leur couverture sociale.

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(© HBO)

Ce jeudi 4 mai, la Chambre des représentants a adopté une proposition de loi visant à abroger l’Obamacare. S’il faut encore que le texte passe le Sénat, la nouvelle est néanmoins inquiétante. La réforme abrogerait notamment l’interdiction aux assureurs de refuser de couvrir quelqu’un qui a une "maladie préexistante".

Selon ce que chaque État décide, les assureurs pourraient donc discriminer en fonction des dossiers médicaux. Et si c’est déjà choquant pour les personnes qui souffrent de maladies, ça l’est d’autant plus lorsque l’on sait que cela pénalisera aussi les femmes, que la loi protégeait également.

L’amendement MacArthur-Meadows, une discrimination des femmes

En effet, l’amendement MacArthur-Meadows inclut dans ces "maladies préexistantes" la grossesse, l’accouchement sous césarienne, la dépression post-partum, le viol, l’agression sexuelle ou encore les violences domestiques… La logique ? Les femmes ayant accouché sous césarienne, subi un viol ou des violences sont plus susceptibles d’avoir des problèmes de santé par la suite, et donc de coûter plus cher. Une réelle discrimination des femmes et une nouvelle façon de punir les victimes de viol ou de violences, au lieu des coupables.

Le vote de ce projet de loi a donc été accueilli avec effroi par beaucoup d’Américains, et le président de la plus grande association de médecins aux États-Unis, l’American Medical Association (AMA), a déclaré que les personnes qui avaient ces "maladies préexistantes" se voyaient confrontées à "la possibilité de revenir au temps où les assureurs pouvaient leur faire payer des suppléments, rendant l’accès à la couverture sociale inenvisageable". Sans compter que d’après Slate, "la loi de Trump cessera de forcer les assureurs à rembourser plusieurs traitements considérés comme essentiels, comme le soutien psychologique, dont dépendent beaucoup de femmes victimes de violences".

Être une femme, une "maladie préexistante"

Le Huffington Post a, en réponse, lancé le hashtag #IAmAPreexistingCondition, qui est tout de suite devenu viral. Des femmes y protestent contre le projet de loi en signalant leur "maladie préexistante".

Traduction :
"Avez-vous déjà subi une agression sexuelle ? Avez-vous eu une césarienne ? Avez-vous fait une dépression post-partum ?
"Oui. J’ai été violée il y a sept ans."

Traduction : "J’ai été violée. J’ai fait une dépression post-partum. J’ai des seins et un vagin."

Et beaucoup finissent par simplement faire le lien qui semble s’imposer avec cet amendement : en fait, être une femme serait une maladie préexistante.

Traduction : "Je suis une femme. Apparemment #JeSuisUneMaladiePréexistante."

Traduction : "Parce que je suis une femme vivant dans un monde envahi par la culture du viol et une société qui dévalue les femmes, #JeSuisUneMaladiePréexistante."