"Allo, quoi" : Mélenchon fustige les vœux de Macron et son ton "de DRH"

"Une sorte de lapin Duracel qui aurait perdu son tambour" : voici comment Jean-Luc Mélenchon a qualifié Emmanuel Macron à l’occasion de sa prise de parole pour présenter ses vœux aux Français en vue de la nouvelle année.

(© Flickr GUE/NGL)

Dimanche 31 décembre, le président de la République a présenté ses vœux aux Français pour l’année 2018, comme le veut la tradition. Il s’est d’abord exprimé pendant pas moins de dix-huit minutes, avant de diffuser un message d’une minute sur Facebook, adressé spécifiquement aux jeunes. Une méthode qui n’a pas plu au leader de la France insoumise, qui s’est fendu d’une critique acerbe, jugeant son discours "décevant" et "laborieux".

Mardi 2 janvier, Jean-Luc Mélenchon a publié un billet sur son site Internet. Dans ce dernier, intitulé "Des vœux comme un miroir où se mire le monarque", le député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône compare le ton employé par Emmanuel Macron à celui d’un directeur des ressources humaines, qu’il a trouvé "ennuyeusement précis comme un notaire qui n’oublie pas une ligne de ce qui doit être dit" :

"Il voudrait propager de l’esprit d’entreprise en même temps que des consignes. Plein de cette évidence qui n’appartient qu’aux haut-parleurs des aéroports, Macron déclame, certes, mais le texte est celui du mode d’emploi d’un nouvel appareil ménager. […] Une sorte de lapin Duracel qui aurait perdu son tambour."

Un "rabâchage de propos déjà tenus"

Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul à ne pas avoir apprécié le discours du chef de l’État : quel que soit le bord, les politiques de l’opposition étaient d’accord pour fustiger les vœux d’Emmanuel Macron.

En effet, le communiqué de presse publié par la porte-parole des Républicains, Lydia Guirous, n’est pas plus tendre. Elle dénonce une "grammaire de l’ego et du vide", regrette l’absence de "piste pour l’avenir" ou de "plan d’action" et critique ce qui constitue selon elle les "deux formes d’art dans lesquelles excelle le président de la République", à savoir "l’autosatisfaction et l’enfoncement de portes ouvertes".

Ironique mais pas moins critique, le porte-parole d’Europe Écologie-Les Verts, Julien Bayou, a regretté l’absence de la question environnementale :

Enfin, le vice-président du Front national, Nicolas Bay, a également commenté les vœux présidentiels, pointant du doigt une "distorsion entre les propos et les actes" :

"On a assisté à un rabâchage de propos déjà tenus. Il y a une distorsion entre les propos et les actes. E. Macron parle de solidarité, mais on a en même temps une hausse de la CSG, une augmentation du forfait hospitalier, une hausse des tarifs du diesel."

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