Après s’être pris une tôle, les grands partis constatent les dégâts sur leurs finances

Les faibles scores réalisés par le Parti socialiste et Les Républicains réduisent d’autant les subventions publiques qu’ils reçoivent. Un gros coup dur.

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS. (© Philippe Grangeaud/CC/Flickr)

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS. (© Philippe Grangeaud/CC/Flickr)

C’est l’une des conséquences inévitables d’une rouste électorale : moins un parti représente d’électeurs, moins il reçoit de subventions publiques. Pour les grands partis, ces pertes se chiffrent en millions d’euros. Le PS devrait ainsi passer de 25 millions d’euros d’aides publiques à 10 millions (en fonction des résultats du second tour), soit un manque à gagner potentiel de 15 millions d’euros. Ça pique.

Le système de subvention est assez simple à cerner : si un parti atteint plus de 1 % des suffrages dans au moins 50 circonscriptions, chaque voix récoltée lui rapporte 1,42 €. À ce gros magot s’ajoutent les 37 731 € que l’État verse pour chaque député élu. En passant de 284 députés à une petite trentaine (d’après les estimations les plus optimistes), le PS réalise donc la pire opération du siècle et se prive d’un pactole dont il a pourtant grand besoin pour assurer son organisation quotidienne. Alors que les élections de 2012 lui avaient permis d’empocher la somme confortable de 10,8 millions d’euros par an, la période 2017-2022 n’en fera tomber que 2,4 chaque année.

Quand on n’a plus de sous, on vend l’argenterie, en l’occurrence le siège du PS situé rue de Solférino. En mars dernier, Jean-Christophe Cambadélis déclarait ainsi vouloir "marquer une nouvelle époque" pour le parti. Le renouveau, c’est pas Solférino ! Mais on imagine mal les socialistes refourguer leur siège historique simplement pour rentrer dans l’air du temps. Pour l’instant, les responsables bottent en touche sur la question, mais elle pourrait très vite se poser avec une force renouvelée. D’après un expert consulté par Le Figaro, le très chic hôtel particulier situé à deux pas de l’Assemblée nationale est évalué à "au moins 53 millions d’euros". De quoi assumer la défaite pendant trois ou quatre législatives encore…

Les élections, une affaire de gros sous

Vous êtes de droite et ces socialos en galère vous font bien marrer ? Eh bien, sachez que l’herbe n’est guère plus verte chez Les Républicains. Eux aussi victimes d’un sérieux revers au premier tour des législatives, ils vont également voir leurs subventions réduire comme peau de chagrin. En 2012, leur score confortable les gratifiait de 10 millions de subventions par an. Mais aujourd’hui, les 70 à 110 députés qu’ils espèrent envoyer à l’Assemblée nationale ne leur assureront que 5 timides millions d’aides annuelles. Pour saisir le choc, imaginez votre employeur en train de vous annoncer qu’il va vous payer deux fois moins qu’avant.

À ce stade, on se dit qu’un petit conseil d’ami ne serait pas de trop pour les aider à survivre à ces coupes budgétaires : le micro-parti que François Fillon a créé afin de récolter les dons lors de sa campagne des primaires a continué à engranger des sous pendant la présidentielle, au nom des Républicains. Ce ne sont ainsi pas moins de 3,3 millions d’euros qui naviguent en zone grise et sur lesquels la direction de LR louche sauvagement, mais que François est bien décidé à garder. "Rends l’argent !"

Alors que l’orage financier gronde au-dessus de la tête des grands partis, La République en Marche est sur un nuage : c’est le jackpot pour la formation d’Emmanuel Macron qui, avec 6 390 871 voix, s’octroie déjà une aide annuelle confortable de 9 millions d’euros par an jusqu’en 2022. À l’issue du second tour, les 415 à 455 députés attendus à l’Assemblée lui rapporteront environ 14 millions d’euros, dont quelques miettes reviendront à l’allié du MoDem. Et si le sénat suit le mouvement, la facture grimpera encore en flèche. EM = Easy Money.