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À l’Assemblée, une partie des Républicains fait scission

Une vingtaine de députés de droite a rejoint l’UDI pour former un groupe parlementaire et soutenir les réformes qui "vont dans le bon sens".

Le frondeur Thierry Solère (©BFM)

Le "frondeur" Thierry Solère. (© BFM)

Ils s’appellent les "constructifs", et ils comptent bien faire entendre leur voix dans une Assemblée nationale largement dominée par les 319 députés de La République en marche (LREM). Alors que François Baroin comptait faire des députés Les Républicains la première force d’opposition de l’hémicycle, voilà qu’une partie d’entre eux fait sécession : Thierry Solère, député LR des Hauts-de-Seine, embarque avec lui une vingtaine de députés de son parti pour former un nouveau groupe parlementaire avec l’UDI. Sa ligne ? Sortir de l’opposition systématique qui a été la règle à droite pendant le dernier quinquennat : "Nous on n’est pas En Marche ! mais on veut que ça marche", a-t-il balancé sur France Inter.

Dans une déclaration, Thierry Solère affirme que ce groupe sera là pour "accompagner les réformes qui vont dans le bon sens" et "dont le pays attend la mise en œuvre". C’est peu étonnant quand on connaît la proximité idéologique qui existe entre Emmanuel Macron et ces députés du centre-droit, convaincus par exemple de la nécessité de libéraliser le marché du travail ou de renforcer la coopération européenne. Mais les "constructifs" n’auront pas non plus vocation à signer tous les projets de loi qui leur seront proposés, et tâcheront d’obtenir des "inflexions" quand il y en "aura besoin". Car les "Républicains constructifs" restent un groupe de droite qui compte bien exister en dehors de LREM. Ses membres ne seront donc pas forcés de voter la confiance au gouvernement début juillet, même si une majorité d’entre eux devraient le faire.

Divisions

La direction de LR a réagi sans fracas à cette sécession pourtant spectaculaire. Réunie en bureau national mercredi 21 juin, elle a ainsi décidé de ne pas exclure ces députés frondeurs. Sur le papier donc, la droite est encore une belle et grande famille. Mais dans les faits, les divisions qui la parcourent font jaser. "Si certains veulent diviser, essayer de créer des groupes politiques […] ils porteront la responsabilité d’affaiblir leur propre famille politique, celle qui leur a tout donné", condamne sur LCI le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer. Le parti a également interdit au groupe de Thierry Solère d’adopter la mention "Républicains" dans leurs étiquettes. Ils ne seront donc que "constructifs". Un nom qui s’attire des sobriquets : cité par Le Parisien, Laurent Wauquiez les traite de "destructifs". Bernard Accoyer préfère les considérer comme des "supplétifs" à la botte d’un Premier ministre "dont le charisme n’est pas ébouriffant".

Les mots les plus durs viennent probablement d’Éric Ciotti, jamais avare en mots doux. "Les constructifs, que j’appellerais 'les opportunistes sans conviction', vont partir d’eux-mêmes. Ils s’éloignent et je ne les vois pas partir avec regret. En allant dans un autre groupe, ils quittent naturellement le parti Les Républicains", a-t-il ainsi asséné sur France 2. Ambiance.