En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

Aung San Suu Kyi tente de rassurer la communauté internationale sur le sort des Rohingyas

Pressée par la communauté internationale, Aung San Suu Kyi s’est finalement exprimée sur le sort des musulmans Rohingyas persécutés depuis plusieurs semaines par l’armée birmane.

Aung San Suu Kyi lors de la remise du prix Sakharov à Strasbourg le 22 octobre 2013.

Aung San Suu Kyi pouvait difficilement garder le silence plus longtemps alors que l’Assemblée générale des Nations unis se réunit ce mardi 19 septembre à New York. Un des principaux sujets de cette rencontre sera justement les persécutions dont sont victimes les Rohingyas de Birmanie. Le secrétaire général de l’ONU avait déjà intimé aux autorités birmanes de réagir face à cette "épuration ethnique".

"Nous sommes profondément désolés pour les souffrances de tous ceux qui se sont retrouvés pris au piège de ce conflit", a déclaré la dame de Rangoon dans un discours prononcé depuis le parlement à Naypidaw et retransmis en direct à la télévision. Cette allocution était particulièrement attendue par la communauté internationale alors que la Prix Nobel de la paix restait étonnamment silencieuse depuis le début de la crise. La dirigeante birmane s’est également exprimée sur le sort des quelque 410 000 déplacés vers le Bangladesh voisins. "Nous sommes prêts à débuter la vérification" des identités des réfugiés sans préciser si les critères de retour, très restrictifs habituellement, seraient assouplis.

"Nous ne voulons pas voir la Birmanie divisée par les croyances religieuses"

Dans son discours prononcé en anglais et diffusé sans sous-titres birmans, Aung San Suu Kyi a semblé vouloir s’adresser avant tout à la communauté internationale.

"Nous condamnons toutes les violations des droits de l’homme […]. Des mesures seront prises contre toutes les personnes indépendamment de leur religion, de leur race ou de leur position politique qui vont à l’encontre des lois du pays et qui violent les droits de l’homme tels qu’ils sont définis par la communauté internationale."

Le moyen peut-être de compenser son absence à l’Assemblée générale de l’ONU, qui pourrait décider de sanctionner le gouvernement birman pour son inaction.

Une grande partie des Rohingyas avait été contrainte de fuir l’ouest du pays où l’armée mène depuis fin août une vaste opération de représailles suite à des attaques attribuées à un groupe de rebelles. Si Aung San Suu Kyi s’est voulu rassurante en disant : "nous ne voulons pas voir la Birmanie divisée par les croyances religieuses", les violences et discriminations contre les Rohingyas se sont intensifiées ces dernières années. Dans ce pays à plus de 90 % bouddhiste, ils sont traités comme des étrangers, voire considérés comme une menace à l’identité nationale.

Dans son discours à l’Assemblée générale de l’ONU l’année dernière, la dirigeante birmane s’était pourtant déjà engagée à défendre les Rohingyas, qui représentent la plus grande communauté apatride du monde.

À lire -> Plus de 370 000 signataires pour la pétition demandant le retrait du Prix Nobel de la paix à Aung San Suu Kyi