Baisse des APL : Voici tout ce que vous pouvez acheter au supermarché avec 5 euros

Une jeune active de 28 ans a fait des courses dans un célèbre magasin de hard-discount pour montrer que 5 euros, ce n’est pas rien.

Merry Laballe a 28 ans, et a arrêté ses études il y a peu de temps. À l’annonce de la décision du gouvernement ce week-end de baisser les aides au logement (APL, ALF ou ALS) de 5 euros par mois dès octobre prochain, cette jeune active a protesté, comme bon nombre de jeunes et moins jeunes, face à cette mesure qui creuse un peu plus les inégalités. Elle s’est heurtée à un lieu commun selon lequel 5 euros, c’est rien. Ou encore à l’affirmation que les étudiants coûtent cher à l’État, comme Claire O’Petit, cette députée de La République en marche (LREM) qui a dit en s’adressant aux étudiants dans les colonnes du Huffington Post : "Si à 18, 19 ans, 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer pour 5 euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ?"

La députée a même ajouté au micro des Grandes Gueules sur RMC ce mardi matin : "À cette époque-ci, les étudiants sont chez papa-maman. Excusez-moi, je ne pleure pas !" Inutile de lui rappeler que l’été, bon nombre d’étudiants ne prennent pas de vacances pour travailler et ainsi pouvoir payer leurs études.

Pour protester, Merry Laballe a eu une idée très simple. Elle s’est rendue dans un célèbre supermarché de hard-discount (que bon nombre d’étudiants fréquentent) afin de voir ce qu’elle pouvait acheter pour 5 euros. Pour exactement 4,83 euros, l’ancienne étudiante s’est procuré quatre paquets de pâtes, du Ketchup, du pain de mie, des pommes de terre sautées et de la compote de pomme, soit la base d’un repas étudiant digne de ce nom, et de quoi tenir une bonne semaine.

"Un panier classique d’étudiant"

Interrogée par le Huffington Post sur son action, elle explique qu’avec son ami Lorenzo, qui est en fin d’études, ils ont eu l’idée "d’interpeller les gens avec une initiative concrète", explique-t-elle. "On est allés chez Lidl, où j’avais l’habitude de faire mes courses près de ma cité universitaire à Montpellier. Et on a rempli un panier classique d’étudiant en prenant les produits les moins chers. On en a eu pour 4,83 euros."

La jeune active, qui travaille aujourd’hui à Bruxelles, se souvient de ses années d’études, où les APL comptaient beaucoup. "Quand j’étais étudiante, je percevais chaque mois 291 euros de bourse et 48 euros d’APL. Je me souviens parfaitement de la situation précaire qui était alors la mienne, j’étais souvent à découvert à la fin du mois. Si cette baisse avait été envisagée pendant mes études, j’aurais été dans l’obligation de trouver un petit boulot à côté," a-t-elle ajouté. Pour rappel, en 2014, 7 étudiants sur 10 travaillaient pour financer leurs études, bien souvent aux dépens de celles-ci.

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