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#MeToo : 100 femmes défendent la liberté des hommes à "importuner"

Une tribune signée par un collectif de 100 femmes, parmi lesquelles la directrice de la rédaction de Causeur Élisabeth Lévy, l’actrice Catherine Deneuve ou encore l’animatrice de radio Brigitte Lahaie, s’insurge contre "un certain féminisme".

Catherine Deneuve est l’une des signataires de la tribune. (© François G. Durand/Getty Images)

"Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste." Dès les premières lignes, le ton est donné. Ce mardi 9 janvier, Le Monde a publié une tribune cosignée par 100 femmes, qui souhaitent défendre la "liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle".

Ce texte analyse de manière déconcertante les retombées de l’affaire Weinstein. Si les signataires reconnaissent "la légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes", elles ont néanmoins du mouvement #MeToo une vision caricaturale. Selon elles, il fait de la femme une perpétuelle "proie", pousse à la délation et fait disparaître tout espoir de rapports spontanés entre les hommes et les femmes. Pire, derrière ce "puritanisme" inavoué se cacherait une "haine des hommes et de la sexualité" :

"Cette justice expéditive a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses 'intimes' lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque."

"La vague purificatoire ne semble connaître aucune limite"

Continuant sur le même ton alarmiste, le texte met ensuite en garde contre "la vague purificatoire" qui "semble ne connaître aucune limite", allant jusqu’à grignoter les bornes de la liberté des artistes :

"Déjà, des éditeurs ­demandent à certaines d’entre nous de rendre nos personnages masculins moins 'sexistes', de parler de sexualité et d’amour avec moins de démesure ou encore de faire en sorte que les 'traumatismes subis par les personnages féminins' soient rendus plus évidents !"

D’autres passages sont en revanche plus éprouvants, à l’image de celui-ci, qui envisage que les femmes puissent vivre comme un "non-événement" le fait d’être victimes d’un frotteur dans le métro :

"[Une femme] peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d’un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit. Elle peut même l’envisager comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement."

Les réactions ont bien évidemment été très fournies sur Twitter, certaines féministes n’hésitant pas à dénoncer une démonstration criante de "misogynie internalisée".

À lire -> "Féminisme" élu mot de l’année par le dictionnaire américain Merriam-Webster