En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

(Les Nouveaux chiens de garde / ©Epicentre Films)

Hamon veut sérieusement réduire l'influence des grandes fortunes sur les médias français

Sa dernière intervention publique a jeté un froid chez les principaux intéressés, mais part d'un constat lucide et alarmant.

(Les Nouveaux chiens de garde / ©Epicentre Films)

La question avait été très bien expliquée dans le documentaire Les Nouveaux Chiens de garde. (© Epicentre Films)

Bolloré a Canal+, Dassault a Le Figaro, Lagardère a Europe 1, Xavier Niel a Le Monde et L'Obs, Patrick Drahi a L'Express et Libération ... La liste est interminable, et révélatrice d'un mal très présent en France : une poignée d'ultrariches possède grosso modo la quasi-totalité des grands médias de référence.

Une domination écrasante qui se fait ressentir au quotidien et menace l'indépendance de la presse, condition sine qua non d'une démocratie en bonne santé. D'éditos en tribunes économiques, ces médias n'en finissent pas de dérouler le tapis rouge pour les thèses du néolibéralisme sauvage, qui creuse chaque jour un peu plus les inégalités sociales. Sans surprise, l'association Reporters sans frontières a classé la France à la 45e place de son classement de la liberté de la presse en 2016.

Le 2 mars, aux rencontres de l'Udecam, devant un parterre de patrons de médias et d'annonceurs publicitaires, Benoît Hamon a tenu à jeter un énorme pavé dans cette mare bien tranquille. S'il est élu président, il imposera une nouvelle "loi anti-concentration", pour faire en sorte que "pas un seul groupe ne puisse posséder plus de 40 % d’un média", et pas plus de 20% si ce même groupe possède déjà des parts dans deux autres médias. De facto, cette loi obligerait les grands patrons implantés dans la presse à revendre une grande partie de leurs actifs.

Pour combler l'inévitable vide financier qu'engendreraient ces retraits de capitaux, le candidat socialiste compte sur la participation de la société civile à travers un "financement citoyen". Dans les faits, cela se traduirait par la création de fonds d'investissement auxquels particuliers, journalistes et associations apporteraient leur contribution en échange de dividendes à la hauteur de leur participation. Tout l'inverse de la concentration qui peu à peu signe la mort du pluralisme.