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Bruno Le Maire, Georges Fenech, l'UDI... Les défections se multiplient dans le camp Fillon

En annonçant le maintien de sa candidature à la présidentielle malgré sa probable mise en examen, François Fillon a perdu nombre de ses soutiens.

Le mercredi 1er mars 2017 restera une journée mémorable dans la vie de François Fillon. Après avoir annulé à la dernière minute sa visite matinale au Salon de l'agriculture (qu'il a finalement effectuée plus tard dans la journée), le candidat Les Républicains (LR) annonçait quelques heures plus tard qu'il ne renonçait aucunement à se présenter à l'élection présidentielle, et ce malgré sa convocation par les juges d'instruction le 15 mars prochain, "afin d'être mis en examen" au sujet de que l'on appelle désormais "l'affaire Penelope Fillon". 

L'annonce du maintien de sa candidature a choqué dans son propre camp. Et pour cause : en août dernier, alors qu'il n'avait pas encore été désigné candidat dans le cadre de la primaire de la droite et du centre, François Fillon avait eu des mots très durs à l'égard des politiques mis en cause dans des affaires judiciaires, déclarant notamment : "Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ?" Le même mois, François Fillon avait précisé dans une interview sur BFM TV que, s'il était mis en examen, il considérerait qu'il "[ne serait] pas en mesure d'assurer la direction du pays dans des conditions exemplaires".

Quelques mois plus tard, après sa victoire à la primaire de la droite et du centre et l'éclatement du PenelopeGate, le candidat avait persisté et signé dans une interview au 20 Heures de TF1 le 26 janvier : s'il était mis en examen, il se retirerait de la course à l'Élysée.

La récente volte-face de l'ex-Premier ministre ne passe pas pour beaucoup des sympathisants du candidat de la droite. Peu après la conférence de presse tenue le 1er mars par le candidat de la droite, Bruno Le Maire, qui avait rejoint François Fillon le soir du premier tour de la primaire et le représentait pour les affaires européennes et internationales, a annoncé sur Twitter qu'il quittait l'équipe de campagne. Dans son tweet, l'ancien ministre de l'Agriculture déclarait croire "au respect de la parole donnée [qui est] indispensable à la crédibilité de la politique". Un de ses proches lui a emboîté le pas. Sébastien Lecornu, directeur adjoint de la campagne de François Fillon, a annoncé jeudi 2 mars dans un texto envoyé à des journalistes qu'il démissionnait lui aussi de ses fonctions.

Lâchages à la pelle

De leur côté, les centristes de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), par la voix de leur président Jean-Christophe Lagarde, ont annoncé qu'ils "suspendre" la participation du parti à la campagne de François Fillon. De plus, alors que François Fillon est à ce jour le premier candidat à avoir ses 500 parrainages validés par le Conseil constitutionnel, le député LR du Rhône Georges Fenech a appelé jeudi 2 mars dans un communiqué "les élus de France" à donner leurs parrainages à Alain Juppé, pour que la droite se soustraie à une "déroute programmée". "C’est une primaire doublement caduque car François Fillon n’est plus le candidat du centre et de la droite, depuis que hier l’UDI a fait marche arrière. Aujourd’hui, François Fillon n’est plus que le candidat de la seule droite. Il n’est plus en mesure de se qualifier pour le second tour", a expliqué Georges Fenech. Et sur les réseaux sociaux, les défections publiques d'élus de droite et du centre ne cessent de se multiplier :

Plusieurs salariés non-fillonistes de l'équipe de campagne du candidat de droite qui l'avaient rejoint après sa victoire à la primaire ont également annoncé qu'ils présenteraient leur démission les 2 et 3 mars. Et si vous souhaitez être tenu au courant en temps réel du nombre d'élus de droite et du centre qui font défection à François Fillon, le site du quotidien Libération a lancé un "compteur des lâcheurs de Fillon" très au point.