Carles Puigdemont continue son combat pour l’indépendance de la Catalogne depuis la Belgique

Mardi 31 octobre, Carles Puigdemont a pris la parole depuis la Belgique où il s’est réfugié avec une partie de son gouvernement.

Carles Puigdemont pendant une manifestation pour l’indépendance de la Catalogne. (© Ramon Costa/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)

"Je ne suis pas ici pour demander l’asile, je suis ici pour agir en toute liberté et en toute sécurité", a déclaré l’ancien président de la Catalogne Carles Puigdemont lors d’une conférence de presse mardi 31 octobre à Bruxelles.

Depuis la déclaration d’indépendance unilatérale vendredi 27 octobre, tout s’est accéléré dans l’épineux dossier catalan, Madrid n’attendant que ce geste pour appliquer des sanctions. Quelques heures plus tard, le Sénat espagnol annonçait qu’il enclenchait la suspension du processus d’indépendance, en vertu de l’article 155 de la Constitution espagnole. Dans la foulée, le gouvernement catalan était destitué et la région mise sous tutelle.

Lundi 30 octobre, Carles Puigdemont organisait son exfiltration, accompagné de cinq ministres sur les 11 qui constituaient son gouvernement. Ils auraient tous rejoint Marseille en voiture, d’où ils se seraient envolés pour Bruxelles, rapporte El Periodico de Catalunya.

"Placer le problème de la Catalogne au cœur de l’Europe"

Entre-temps, le procureur général de l’État espagnol, Jose Manuel Maza, a demandé que M. Puigdemont et d’autres dirigeants catalans soient poursuivis pour "rébellion, sédition et malversation". Si la justice espagnole retient la charge de rébellion et que le caractère violent de l’insurrection est prouvé, Carles Puigdemont encourra une peine de trente ans de prison.

À Bruxelles, Carles Puigdemont s’est entretenu avec Paul Bekaert, avocat spécialisé dans le droit d’asile et le droit de l’extradition qui s’est notamment fait connaître pour avoir défendu d’anciens membres présumés de l’organisation basque indépendantiste ETA.

Depuis, la rumeur courait : l’ancien président de la Catalogne était en Belgique pour obtenir l’asile politique, ce qu’il a fermement démenti lors d’une conférence de presse donnée en trois langues. S’il a fui l’Espagne, c’est par peur des représailles et de "l’agressivité de l’État espagnol" : "Je suis ici à la recherche de garanties", a-t-il expliqué.

Le choix d’installer son gouvernement à Bruxelles, siège de l’Union européenne, n’est pas anodin :

"Nous avons donc décidé de déplacer le gouvernement catalan – dont je serai président – à Bruxelles, afin de placer le problème de la Catalogne au cœur de l’Europe."

Le combat n’est donc pas terminé. Quant à savoir quand Carles Puigdemont regagnera la Catalogne, la question reste ouverte. Peut-être après les élections anticipées du 21 décembre dont il s’est engagé à reconnaître le résultat ?

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