La Corée du Nord affirme pouvoir frapper n’importe quel point de la planète

La Corée du Nord vient de tester un missile balistique intercontinental qui est tombé au large des côtes japonaises.

À Pyongyang, Corée du Nord, le 10 mai 2017. (© Linda Davidson/The Washington Post via Getty Images)

À Pyongyang, Corée du Nord, le 10 mai 2017. (© Linda Davidson/The Washington Post via Getty Images)

Et bonne fête aux Américains ! Ce mardi 4 juillet, la Corée du Nord a affirmé qu’elle était désormais en mesure de frapper n’importe quel point du globe après avoir testé avec succès, selon ses dires, un missile balistique intercontinental (ICBM). Un essai en forme de provocation aux États-Unis, alors que ceux-ci célèbrent aujourd’hui le jour de leur indépendance. Les autorités japonaises et sud-coréennes ont précisé, selon Franceinfo, que ce missile était tombé dans la zone maritime du Japon, à environ 200 miles nautiques des côtes de l’archipel nippon.

"Il est estimé que le missile a atteint une altitude excédant largement les 2 500 kilomètres, a volé pendant quarante minutes et est tombé en mer du Japon, dans la zone économique exclusive de l’archipel, à 900 kilomètres de son point de départ", a ainsi déclaré le ministère de la Défense japonais dans un communiqué. Des chiffres qui collent avec ceux déversés par les médias d’État nord-coréens sur les ondes de la dictature. Une présentatrice de la télévision centrale coréenne a tenu à décrire ce jour comme un moment "historique", une avancée vers l’objectif ultime de Kim Jong-un : être en mesure de menacer directement les États-Unis d’une frappe nucléaire. Selon cette "journaliste", la Corée du Nord serait donc désormais "une puissance nucléaire forte" dotée d’un "très puissant ICBM qui peut frapper tout endroit au monde". Merci, ô Suprême Leader…

Impulsivité

Cette nouvelle menace n’a pas manqué de faire réagir le président des États-Unis. Fidèle à lui-même, c’est sur Twitter que Donald Trump a laissé aller sa rage :

"Ce type n’a-t-il rien de mieux à faire de sa vie ? Difficile de croire que la Corée du Sud…"

"… et le Japon toléreront cela très longtemps. Peut-être que la Chine va faire un geste fort au sujet de la Corée du Nord et mettre fin à cette absurdité une bonne fois pour toutes !"

Donald Trump n'hésite donc pas à reporter une fois de plus la responsabilité du dossier sur la Chine, où de nombreuses voix commencent à s’élever pour lâcher purement et simplement cet allié nord-coréen plus qu’encombrant. Dans cet imbroglio diplomatique, rarement les relations entre la Corée du Nord et les États-Unis auront été aussi tendues. En avril, le président américain annonçait avec fracas qu’il n’excluait pas un "conflit majeur" avec l’ennemi nord-coréen, n’hésitant pas à envoyer sur place une importante flotte militaire. Le déploiement d’un bouclier antimissile américain en Corée du Sud avait alors été perçu par la Chine comme une atteinte à sa zone d’influence, et de nombreux observateurs géopolitiques déploraient l’impulsivité et l’ignorance de M. Trump sur le dossier nord-coréen.

Pour Guy Sorman, essayiste et conseiller stratégique de l’ancien président sud-coréen Lee Myung-bak, auteur d’une récente tribune dans Le Monde, les dirigeants nord-coréens n’utiliseraient ces essais balistiques que pour "perpétuer indéfiniment leur dictature". Faire rêver une population embrigadée, montrer les muscles et maintenir l’opinion sous contrôle, voilà quels seraient les véritables objectifs de ces tirs de missiles. "Renoncer à l’option nucléaire serait, pour les dirigeants de Pyongyang, un suicide", conclut l’analyste.