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États-Unis : la Cour suprême va trancher une affaire de gâteau de mariage refusé à un couple gay

En 2012, une pâtisserie du Colorado avait refusé de confectionner un gâteau pour un couple gay. Depuis, cette affaire de discrimination a relancé aux États-Unis les débats sur le mariage homosexuel et la place de la religion dans la société.

(© Robert Gauthier/Los Angeles Times via Getty Images)

L’affaire "Masterpiece Cakeshop v Colorado Civil Rights Commission", pourrait bien rentrer dans l’histoire des grands arrêts rendus par la Cour Suprême américaine – après "Loving v. Virginia" (1967) qui a levé les dernières interdictions sur les mariages interraciaux, ou encore "Romer v Evans" (1996) qui a abouti sur la première grande décision sur les droits des LGBTQ+.

Mardi 5 décembre, la Cour suprême américaine doit examiner une affaire de gâteau de mariage qui n’est banale qu’en apparence. En effet, les enjeux autour de ce dossier sont particulièrement importants. Sur fond de questions de libertés d’expression et de religion, les droits des homosexuels sont menacés.

En juillet 2012, Dave Mullins et Charlie Craig, un couple d’hommes sur le point de se marier, s’étaient rendus dans une pâtisserie du Colorado, afin de commander un gâteau pour leur noce. Sauf que le pâtissier refusa. Celui-ci a avancé que réaliser un tel gâteau irait à l’encontre de ses convictions religieuses. Il a alors essayé d’orienter le couple vers d’autres options, comme des biscuits ou gâteaux d’anniversaire, relate la BBC.

Le couple a finalement décidé de porter l’affaire devant la justice du Colorado, qui a jugé en sa faveur – l’État interdisant aux commerçants toute forme de discrimination basée sur la race ou l’orientation sexuelle. Mais le pâtissier ne veut pas en rester là.

"Cette affaire ne concerne pas la liberté artistique"

Il considère en effet la réalisation de gâteaux comme un art protégé par la liberté d’expression. En tant qu’artiste, il ne saurait donc être forcé à réaliser des œuvres dont le message serait en désaccord avec ses valeurs. C’est pour cela qu’il refuse aussi de faire des gâteaux pour Halloween ou des enterrements de vie de jeune fille.

Cinq ans plus tard, c’est à la Cour suprême des États-Unis de trancher. Entre-temps, cette dernière a légalisé le mariage homosexuel sur tout le territoire, en 2015. Le jugement dans cette affaire est extrêmement attendu : donner raison au pâtissier pourrait en effet permettre à d’autres commerces de refuser de servir des couples homosexuels, sous couvert de religion.

Dave Mullins et Charlie Craig sont défendus par l’Union américaine pour les libertés civiles.

"Cette affaire ne concerne pas la liberté artistique. Nous n’avons pas demandé une œuvre d’art. Nous avons essuyé un refus fondé sur qui nous sommes, nous avons été humiliés publiquement en raison de qui nous sommes", confie à l’AFP Dave Mullins, venu à Washington avec son mari.

Après l’audience solennelle du mardi 5 décembre, il faudra attendre juin 2018 pour connaître la décision de la Cour suprême.

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