Dépénalisation du cannabis : Macron retourne sa veste

Emmanuel Macron était invité à se prononcer sur des questions de sécurité par des journalistes du Figaro. Sa réponse concernant la légalisation du cannabis surprend.

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, en 2014. (© Le Web/Flickr/CC)

Il semblerait que lorsqu'il s'agit de s'adresser aux lecteurs du Figaro à propos de drogue, le discours d'Emmanuel Macron se durcisse. Le jeudi 16 février, l'ancien ministre de l'Économie a répondu aux questions des journalistes du quotidien, qui portaient notamment sur le problème des stupéfiants. Invité à clarifier sa position sur le sujet, il a parlé avec aplomb de "tolérance zéro". Il a développé son propos en ces termes : "Je ne crois pas à la dépénalisation des 'petites doses' ni aux peines symboliques. Cela ne change rien." Cependant, ces récentes déclarations contrastent franchement avec ses prises de position antérieures.

Girouette

Le candidat d'En marche ! fait demi-tour. Ce n'est pas tant le parti pris en soi qui dérange, mais plutôt le revirement idéologique sous-jacent. Il y a quatre mois de ça, il déclarait :

"Aujourd'hui, le cannabis pose un problème en effet de sécurité, de lien avec la délinquance dans des quartiers difficiles, de financement de réseaux occultes. On voit bien que la légalisation du cannabis a des intérêts de ce point de vue et a une forme d'efficacité."

Ses nouveaux propos laissant clairement entendre qu'il est désormais hostile à la dépénalisation du cannabis surprennent. Pourtant, son porte-parole Arnaud Leroy a répondu aux accusations de revirement intempestif et explique qu'il propose en réalité de passer du délit à l'amende. Un consommateur de cannabis pris en faute n'aurait plus à passer devant un tribunal correctionnel mais paierait directement une contravention, comme lorsque l'on fraude dans le métro, par exemple.

Il avait toutefois prévenu au micro de France Inter que sa réponse était "provisoire". Probablement une manière de se laisser une marge de manœuvre. Cependant, entre pratiquer la tolérance zéro et laisser le débat ouvert, l'écart est grand. Condamnée par François Fillon et Marine Le Pen, la légalisation est soutenue par Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Il fallait donc se situer clairement, d'autant plus qu'on lui reproche régulièrement d'avancer sans afficher un programme clair. Emmanuel Macron organise le samedi 18 février un meeting à Toulon durant lequel il est prévu qu'il révèle des points de son programme, notamment les parties touchant aux questions de sécurité (le programme complet doit être présenté le 2 mars). Il est possible qu'il profite de l'occasion pour justifier ce changement de cap.