Don du sang pour les homosexuels : le Conseil d’État refuse d’enlever la condition d’abstinence

Jeudi 28 décembre, le Conseil d’État a rejeté la demande formulée par des associations afin que les homosexuels puissent donner leur sang même s’ils ne remplissent pas la condition requise de pratique de l’abstinence depuis un an.

(© Desperate Housewives)

Sollicité par les associations de défense des droits LGBTQ+ Mousse, Stop Homophobie, Comité Idaho France et Élus locaux contre le Sida ainsi qu’un particulier, le Conseil d’État a rendu sa décision jeudi 28 décembre au sujet du don du sang par des personnes homosexuelles.

En effet, depuis le 11 juillet 2016, les homosexuels peuvent enfin donner leur sang, mais pas sans condition. Les groupes associatifs en question demandaient que la condition d’abstinence d’un an, qui figure actuellement dans la législation en vigueur régulant le don du sang, soit supprimée, ce que le Conseil d’État a refusé.

"Nous sommes discriminés parce que nous faisons l’amour"

Comme le rapporte Le Monde, pour justifier sa décision, le Conseil a argué que cette condition préalable était fondée "non sur l’orientation sexuelle mais sur le comportement sexuel" et que cela ne constituait en aucun cas "une mesure discriminatoire illégale", avançant les arguments suivants :

"Selon les travaux de l’Institut de veille sanitaire, la prévalence de porteurs du VIH est environ 70 fois supérieure chez les hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes. […]

La proportion de personnes nouvellement contaminées au cours de l’année 2012 était 115 fois supérieure chez ces hommes que dans la population hétérosexuelle."

L’association Stop Homophobie a publié un communiqué de presse dans lequel elle qualifie le verdict du Conseil d’État d'"absurde", expliquant qu’elle étudiait "la possibilité de saisir la Cour européenne", avant de conclure :

"Nous sommes discriminés parce que nous faisons l’amour."

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