Emmanuel Macron veut remettre en place les chasses présidentielles

Ou quand Jupiter se prend pour François Ier.

(© www.kremlin.ru./Wikipedia/CC)

Emmanuel Macron avait promis d’en finir avec l'"ancien monde". Et pourtant, c’est une pratique bien désuète que le président de la République aimerait déterrer : les chasses présidentielles.

Mais on ne pourra pas lui reprocher d’avoir dissimulé ses intentions. Durant la campagne, il avait déjà fait savoir qu’il comptait bien renouer avec cet usage symbolique de la "culture française" :

"Il ne faut pas être honteux, il faut les reconnaître comme un élément d’attractivité. C’est quelque chose qui fascine partout, ça représente la culture française, c’est un point d’ancrage."

Ce dimanche 20 janvier, le Journal du dimanche révélait qu’Emmanuel Macron allait rapidement transformer ses paroles en actes, à l’occasion d’un grand sommet franco-italien qui se tiendra en 2019 au château de Chambord (Loir-et-Cher).

Supprimées dans les châteaux de Rambouillet et de Marly (Yvelines) par Jacques Chirac en 1995 sur les conseils avisés de sa fille, Claude, et de son conseiller, Nicolas Hulot, les chasses présidentielles sont une tradition à laquelle tous les présidents de la cinquième République se sont pliés.

"L’un des plus spectaculaires lieux de pouvoir français"

Seules celles qui se tenaient au château de Chambord étaient passées entre les mailles du filet, ce qui n’empêcha pas Nicolas Sarkozy de recevoir le dictateur Mouammar Kadhafi, en 2007, à Rambouillet.

Dans "Scènes de chasse présidentielles", publié dans Le Monde en 2009, la journaliste Raphaëlle Bacqué décrivait ce rendez-vous comme "l’un des plus spectaculaires lieux de pouvoir français. Et sans doute aussi la plus visible traduction de survivances monarchiques".

On connaît l’attachement du président Emmanuel Macron aux symboles. Même si Nicolas Sarkozy en a finalement aboli la pratique en 2010, il se murmure qu’une quinzaine de journées de chasse annuelle étaient encore offertes au nom du président de la République à quelques "happy fews", comme des patrons du CAC 40, des chefs d’État, des personnalités politiques…

Pour Emmanuel Macron, la France a tout intérêt à renouer officiellement avec cette pratique qui "fascine à l’étranger" et "représente la culture française".

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