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En Turquie, Erdogan continue à mener de grandes purges

Mercredi 26 avril, plus de 9 000 policiers ont été suspendus et 1 120 personnes arrêtées par le gouvernement du président Erdogan, en raison de leurs liens présumés avec l’opposant Fethullah Gülen.

Crédits : Wikipedia

Recep Erdogan dirige la Turquie d’une main de fer depuis 2003. (© Kremlin/Wikimedia/CC)

En Turquie, dans la matinée du mercredi 26 avril, pas moins de 9 103 policiers ont été suspendus et 1 120 personnes ont été arrêtées "en raison de leurs liens ou de leur appartenance à l’organisation terroriste Feto susceptible de porter atteinte à la sécurité nationale", selon l’agence de presse pro-gouvernementale Anadolu (qui a eu accès à un rapport de police), citée par L’Express. Un début de purge qui risque fortement de s’accentuer, puisque 8 500 policiers auraient été mobilisés afin de procéder à plus de 3 000 nouvelles interpellations.

Dix jours après la victoire du président Erdogan au référendum lui permettant de s’arroger de nombreux pouvoirs, notamment la possibilité de déclarer l’état d’urgence en cas de "soulèvement contre la patrie" –une notion qui relève grandement de sa propre appréciation – mais aussi d’intervenir dans les affaires judiciaires, on assiste à l’illustration concrète des conséquences du renforcement de son autorité.

Une véritable chasse aux sorcières

Le ministre de l’Intérieur, Süleyman Soylu a indiqué, selon Le Figaro, que l’État turc agissait de la sorte pour "nettoyer" ses rangs de toute personne susceptible d’être complice de l’opposition, expliquant que :

"L’étape la plus importante des efforts visant à identifier et à détruire une structure qui s’est infiltrée dans notre police, qui cherche à contrôler notre police de l’extérieur […] a été accomplie ce matin."

Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan semble avoir peur d’un soulèvement de ses opposants, qu’il pense être des alliés de Fertullah Gülen. Cet ancien soutien du président est l’ennemi numéro 1 du pouvoir, qui l’accuse d’être à la tête d’une organisation terroriste. Il est aujourd’hui exilé aux États-Unis, en raison du mandat d’arrêt qui pèse sur lui. Il est en outre soupçonné d’être à l’origine de la tentative de coup d’État du 16 juillet 2016.

Le Figaro ajoute également que selon des médias turcs, une "liste de 7 000 noms" circulerait aujourd’hui parmi les services de police et de renseignement, ce qui ressemble à une véritable chasse aux sorcières. Enfin, selon Le Monde, le Parti républicain du peuple (le CHP) a pour sa part d’ores et déjà indiqué qu’il allait contester les résultats du référendum, en raison de trop nombreuses irrégularités, auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.