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États-Unis : une étude prouve que les réfugiés rapportent plus qu’ils ne coûtent

Donald Trump pense qu’il faudrait fermer les frontières de son pays car les réfugiés coûteraient cher à l’État américain. Sauf qu’il a complètement tort, selon une étude du National Bureau of Economic Research.

Des réfugiés à la frontière grecque. ©Martin Leveneur/Flickr/CC

Des réfugiés à la frontière grecque, à Idoméni. (© Martin Leveneur/Flickr/CC)

Fin janvier, Donald Trump a publié un décret interdisant l’entrée aux États-Unis à des ressortissants de sept pays musulmans. Outre l’argument de la menace terroriste, dont use aussi Marine Le Pen pour justifier sa xénophobie, le président américain a sorti celui de l’argent, avançant que les réfugiés coûteraient cher au gouvernement fédéral. Un argument qui est totalement infondé (comme bon nombre de déclarations de Donald Trump d’ailleurs), comme le révèle une étude relayée par le Washington Post.

Menée par deux chercheurs du National Bureau of Economic Research, de Cambridge au Massachusetts, l’étude montre que les réfugiés rapportent plus d’argent aux États-Unis qu’ils n’en reçoivent. Analysant l’immigration dans ce pays depuis 1980, elle souligne que"les adultes qui sont arrivés aux États-Unis ont payé en moyenne au moins 21 000 dollars [soit 19 000 euros] de taxes de plus que les aides sociales dont ils ont bénéficié", écrit le Washington Post.

William Evans et Daniel Fitzgerald, tous deux économistes à Cambridge, ont calculé qu’à son arrivée un réfugié coûtait en moyenne 15 000 dollars à l’administration américaine – ce qui comprend les coûts de vérification de son dossier, son logement, son apprentissage de l’anglais et sa formation universitaire ou professionnelle.

Ceux qui arrivent jeunes s’en sortent mieux

En 20 ans passés sur le sol américain, un réfugié toucherait en moyenne un total de 92 000 dollars d’allocations. En revanche, il payerait 129 000 dollars de taxes sur la même période. Au final, il aurait donc rapporté 37 000 dollars aux États-Unis. L’étude indique aussi que plus un ressortissant étranger arrive jeune sur le sol qui l’accueille, et mieux il s’en sortira.

"La plupart connaissent d’énormes difficultés au début, souligne le rapport. Alors que plusieurs travaux indiquent que les conditions matérielles antérieures ont des répercussions sur le futur de l’enfant, ces jeunes s’en sortent très bien." Ceux qui arrivent enfant ou adolescent apprennent la langue plus rapidement et entrent au lycée avec les mêmes bases que leurs concitoyens nés sur le sol américain. En revanche, ceux qui arrivent à l’âge adulte sont obligés de faire des petits boulots, ont plus de mal à franchir la barrière linguistique et ont donc davantage besoin des aides sociales.

En conclusion, l’étude explique qu’il faut en moyenne dix ans à un ancien réfugié pour parvenir au même niveau de vie qu’un citoyen né américain. Donald Trump ferait bien de lire ce rapport, afin d’éviter les raccourcis faciles et stigmatisants.