Fauché, le PS va vendre son siège emblématique de Solférino

Finances exsangues et déroutes électorales : l’avenir est sombre au Parti socialiste.

(© Hegor/Wikimedia/CC)

Le parti qui fut longtemps la principale incarnation de la gauche française est forcé de plier bagage pour s’en aller vers des contrées (forcément) moins verdoyantes. Dans son édition du 2 août, Le Canard enchaîné confirme en effet ce que tout le monde attendait : le Parti socialiste va vendre son siège, situé au 10 rue de Solférino.

Il faut dire qu’avec les déroutes à la présidentielle et aux législatives, les finances du PS ressemblent à celles d’un marchand de glaces qui lancerait un business au Groenland : avec seulement 6,5 % de voix en mai, puis 30 députés envoyés à l’Assemblée nationale en juin, le parti a vu ses subventions publiques fondre comme neige au soleil. L’hebdo satirique précise ainsi que l’État ne lui versera plus que 7 millions d’euros de subvention annuelle, contre 25 pendant la précédente législature. Un bon gros trou de 18 millions par an, qui pousse le PS à faire la manche un peu partout.

Début juillet, on apprenait ainsi que le parti louait une partie de son hôtel particulier à la série Baron noir pour pouvoir récolter quelques milliers d’euros. Insuffisant, bien entendu. Lors du traditionnel séminaire de rentrée de la direction du PS, qui aura lieu du 23 au 26 août, c’est finalement la vente de Solférino que les têtes du parti officialiseront.

"Campagne de merde"

"On ne peut pas refonder le PS à Solférino", tente tant bien que mal de justifier Jean-François Debat, trésorier du parti. Ah ! la bonne vieille excuse du renouveau que l’ex-premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, nous servait déjà en mai, déclarant vouloir "marquer une nouvelle époque". Camba a depuis démissionné, mais ses éléments de langage semblent encore bien ancrés dans la conscience collective des socialistes, qui insistent sur la dimension "politique" de la vente de Solfé'.

Et qui dit politique dit dissensions, invectives et boucs émissaires. Au Canard, une ponte du PS assure que, de l’avis général, c’est Benoît Hamon qui a miné le parti au point qu’il doive vendre son siège historique :

"Si on en arrive là, c’est à cause de sa campagne de merde. Hamon sait bien que ce bilan financier aurait pesé dans la préparation du prochain congrès, et, dans les sections, les militants lui auraient rappelé qu’il nous a laissé une ardoise de 15 millions d’euros. C’est pour ça qu’il s’est tiré en annonçant la création de son mouvement."

D’après les estimations d’un expert consulté par Le Figaro, la valeur immobilière de Solférino s’élèverait à "au moins 53 millions d’euros". Moins optimiste, une expertise commandée par le PS tablerait plutôt sur 40 millions, soit de quoi tenir un peu jusqu’aux prochaines élections. Et après ?