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Surprise : Trump Junior avoue avoir rencontré les Russes pour torpiller Clinton

Devançant des révélations que s’apprêtait à publier le New York Times, le fils aîné de Donald Trump a publié sur Twitter mardi 11 juillet, à la surprise générale, une série de courriels pouvant établir un lien avec une ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine.

Quoi, j'ai fait une connerie ? (©Gage Skidmore/Flickr/CC)

Quoi, j’ai dit un truc qu’il fallait pas ? (© Gage Skidmore/Flickr/CC)

Tel père, tel fils : Donald Trump Jr. vient d’étonner la planète et peut-être de mettre à mal le mandat de son paternel. Se voulant "totalement transparent" pour prouver qu’il n’y avait pas eu d’ingérence russe dans la campagne, l’intéressé a en fait révélé exactement le contraire. Dans une série de mails publiée sur son compte Twitter, Trump Jr. montre bien qu’il a rencontré une avocate russe dans l’espoir qu’elle lui communique des informations sensibles sur Hillary Clinton, une avocate qui lui est présentée comme une "envoyée du gouvernement russe". C’est complètement illégal. "J’adore", s’exclamait-il pourtant quand Rob Goldstone, un publicitaire britannique qui faisait office d’intermédiaire avec les Russes, lui propose cette rencontre au sommet :

"Le procureur russe de la Couronne [procureur général, ndlr] a proposé de fournir à la campagne Trump des documents officiels et informations qui pourraient incriminer Hillary […] et seraient très utiles à votre père."

Ces échanges de mails mettent au jour l’extrême proximité entre Trump et les milieux politico-financiers russes. Rob Goldstone dit œuvrer pour le milliardaire russe Aras Agalarov et son fils Emin, star de la chanson, qui, comme le rappelle Le Monde, ont déjà fait affaire avec Donald Trump par le passé, notamment pour l’organisation du concours Miss Univers 2013. À en croire les échanges de mails, ce sont ces deux personnages influents qui auraient proposé le deal à l’équipe Trump. "Emin vient de m’appeler et m’a demandé de te contacter, il a quelque chose de très intéressant", écrit Goldstone avant de détailler le contenu du package.

"Trahison"

Un rendez-vous est fixé pour le 9 juin à la Trump Tower, à New York, pour tenter de récupérer ces données compromettantes. Y assistent Donald Jr., le gendre de Trump Jared Kushner et son directeur de campagne Paul Manafort. Bref, c’est une bone partie de l’état-major du candidat républicain qui est présent dans la salle pour accueillir l’avocate russe Natalia Veselnitskaya. Face aux accusations de collusion, celle-ci assurera par la suite que la discussion d’environ 30 minutes a porté sur l’interdiction d’adopter des enfants russes aux États-Unis. Une version un temps soutenue par Trump Jr., avant que celui-ci ne balance les échanges de mails sur Twitter quelques jours plus tard et prouve au monde entier qu’il attendait des dossiers embarrassants sur Hillary Clinton, et certainement pas des avancées sur les sanctions contre la Russie.

Le profil de Natalia Veselnitskaya colle tout à fait avec celui d’une envoyée de Moscou. Dans un portrait au long cours, le New York Times décrit une avocate proche des milieux financiers et politiques russes, qui a défendu les intérêts de son pays aux États-Unis pendant de nombreuses années. Une personne de confiance que le Kremlin dit ne pas connaître, mais dont le nom apparaît dans une foule d’affaires d’État. Confier le torpillage de la campagne Clinton à cette femme de l’ombre au carnet d’adresses impressionnant, parfaitement au fait des réseaux russo-américains et politiquement en phase avec le Kremlin ne serait donc pas tout à fait hors sujet. Et carrément illégal, du côté américain.

L’association Common Cause, "défenseure des citoyens" (watchdog), a ainsi immédiatement déposé une plainte auprès du ministère de la Justice, accusant Donald Trump Jr. d’avoir sollicité une intervention étrangère dans la campagne, alors qu’un conseiller de l’ex-président George W. Bush a qualifié ce comportement comme étant "à la limite de la trahison" sur MSNBC. Et il semblerait bien que la tournure prise par la campagne présidentielle leur donne raison. De fuites de données compromettantes en révélations chocs, le camp Clinton s’est complètement effondré, laissant le champ libre à Donald Trump et sa clique. Davaï !