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Fin de l’état de grâce : Macron redescend sur terre

Emmanuel Macron est sorti de "l’état de grâce", tous les journaux le répètent (et n’ont rien fumé, on vous rassure). Mais qu’est-ce que c’est "l’état de grâce présidentielle" ?

Emmanuel Macron au Louvre lors de son élection. (© French Embassy in the US/Flickr/CC)

À presque 100 jours de son élection, Emmanuel Macron alias Jupiter, redescend enfin sur Terre et quitte la stratosphère de la popularité. Réception de Trump pour le 14-Juillet, conflit avec le général de Villiers qui a fini par démissionner, hausse de la CSG et baisse des APL, en un mois, Emmanuel Macron a perdu 10 points de popularité. Du jamais vu depuis l’élection de Jacques Chirac en 1995.

Même si le nouveau président se trouve toujours plutôt bien placé dans les sondages, puisque 54 % des Français se disent satisfaits du nouveau chef de l’État, selon le sondage IFOP publié par Le Journal du Dimanche, notons tout de même qu’à la même époque, il y a 5 ans, François Hollande était deux points au-dessus. Quelle foudre a donc frappé Jupiter, pour qu’il perde ainsi l’adoration d’une bonne partie de ses fidèles ?

D’après une théorie journalistique très sérieuse, le mois de juillet après l’élection présidentielle de mai serait la fin de "l’état de grâce" pour tous les présidents. Pendant les 100 premiers jours, le nouveau président, on y croit vraiment. Il n’a encore rien fait alors on trouve peu de chose pour le critiquer, c’est ce que les journalistes nomment "l’état de grâce". Passé ce délai, patatras, le président commence à subir les critiques ainsi que la mauvaise popularité. Explications.

"L’état de grâce", ou 100 jours d’apogée présidentielle

Depuis deux jours, les journaux nous parlent de la "fin de l’état de grâce" du président Macron. "Fin d’état de grâce pour Macron, le président du 'couac 40'", titrent Le Point et Libération. "Pour Emmanuel Macron, l’état de grâce est déjà fini", tacle Le Figaro. Il semblerait que le président jupitérien ait perdu ce qu’on nomme "l’état de grâce". Peu inspirée, la presse a piqué l’expression à la religion chrétienne.

Pour les croyants, il se peut qu’un ou plusieurs fidèles soient frappés par "l’état de grâce", c’est-à-dire que Dieu va venir leur donner une aide, qu’on appelle "la grâce", pour qu’ils puissent obtenir leur salut, et ainsi ne pas aller en enfer. Grosso modo, ils reçoivent le pardon de Dieu. Les journalistes politiques ont établi la théorie de "l’état de grâce présidentielle" à travers ce modèle chrétien.

Fraîchement élu, le nouveau président dispose d’une popularité à son apogée, le fameux "état de grâce". Il a gagné et il n’a encore lancé aucune réforme, alors forcément, l’opinion publique lui est favorable. Logique. Les journalistes parlent aussi des "100 jours" du président. Pendant ces 100 premiers jours de gouvernance, le nouveau président va mettre en place un ensemble de réformes qui vont définir, à long terme, la politique qu’il va mener. Certains disent même que ces 100 premiers jours de quinquennat sont les plus importants pour le président.

"Je n’aurais pas d’état de grâce"

"L’état de grâce" du président a donc été bien court. Mais pas de surprise pour Emmanuel Macron, qui l’avait lui-même prédit. Le 5 mai dernier, peu de temps avant son élection, le candidat Macron s’exprimait à ce sujet au micro d’Europe 1 :

"Si je devais être élu dimanche soir, je serais le plus jeune président de la Cinquième République, et à la tête d’une force politique qui n’existait pas il y a à peine plus d’un an. Je n’aurais pas d’état de grâce, je ne pourrais pas présider comme l’on préside depuis 1958."

Apparemment, Emmanuel Macron ne croit pas vraiment à cette théorie des "100 jours pour tout changer" (c’est aussi le sous-titre d’un livre de Nicolas Dupont-Aignan). "La minute d’après, rien ne sera acquis. Les cinq ans qui viennent seront éminemment atypiques", avait-il alors assuré, expliquant qu’il allait sûrement devoir passer "beaucoup de temps pour apaiser les tensions."

Pour le moment, les tensions montent. Baisse des budgets des ministères, revirement sur le casier judiciaire obligatoire pour les élus, baisse de l’allocation logement, hausse de la CSG, la France est loin d’être "apaisée" en ce mois de juillet très politique.