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©Alexis Réau - Instagram de François Fillon

François Fillon seul face à la discorde entre son parti et Sens commun

Le candidat des Républicains, embourbé dans les affaires et récemment mis en examen, n'obtient pas le soutien de l'ensemble de son parti qui s'affiche prudent face au soutien de Sens commun. 

©Alexis Réau - Instagram de François Fillon

© Alexis Réau (Instagram de François Fillon)

Plombé par les affaires d'emplois fictifs attribués à sa femme et à ses enfants - et les histoires de costumes bien taillés mais mal payés, les défections chez les Républicains se sont enchaînées aussi vite que les ralliements PS à Emmanuel Macron.

François Fillon s'est retrouvé tout seul face à certains membres de son parti qui lui demandaient de retirer sa candidature après l'annonce de sa mise en examen pour détournement de fonds publics et recel d'abus de biens sociaux. Le 6 mars dernier, alors qu'il confirmait qu'il ne se présenterait pas à la présidentielle, Alain Juppé avait même qualifié la candidature de François Fillon de "gâchis" et dénoncé son "obstination", expliquant que les fillonistes appartenaient à un "noyau radicalisé". 

Même si Nicolas Sarkozy a récemment posté une vidéo où il appelle à voter Fillon, les Républicains sont peu nombreux à afficher leur soutien pour le candidat de leur parti et certains s'en vont même marcher avec Emmanuel Macron.

Mais François Fillon dispose d'un soutien de taille, les militants du mouvement Sens commun, qui revendique près de 10 000 adhérents. Né en 2013 à l'issue de la Manif pour tous, Sens commun affiche clairement ses positions contre mariage homosexuel, contre la GPA et la PMA, et a des positions douteuses sur l'avortement. Depuis la campagne des primaires de la droite, le mouvement catholique traditionaliste affiche un soutien sans faille à François Fillon.

"La France a besoin d'un homme qui sache se montrer digne de la confiance des Français, à travers l'honnêteté, la sobriété et l'irréprochabilité de sa conduite", avait dit Madeleine Bazin de Jessey, porte-parole de Sens commun, le 21 septembre dernier. En retour, François Fillon a émis la possibilité qu'il y ait des membres de Sens commun dans son gouvernement, s'il est élu... au grand dam de ses collègues Républicains.

Quand Sens Commun divise le parti

Dès les campagnes à la primaire des Républicains, les ténors de la droite ont affiché leur désaccord avec le mouvement traditionaliste. "Je me sens plus proche du pape François que de Sens commun", avait déclaré Alain Juppé le 21 novembre dernier sur le plateau du JT de David Pujadas.

Presque six mois plus tard, François Fillon réitère son désir de faire entrer des militants du mouvement traditionaliste au sein de son possible gouvernement, en répondant "pourquoi pas", à la question posée par Radio J de savoir s'il envisageait de nommer des ministres issus de Sens commun.

Une réponse qui a divisé une fois de plus les Républicains. "L'arrivée de Sens commun au sein du parti a été une erreur", a lâché sur Twitter, Dominique Bussereau, ancien Secrétaire d'État aux transports de François Fillon. "Sa présence dans un gouvernement serait une faute", a-t-il solennellement ajouté. Hier matin sur France Inter, Jean-Pierre Raffarin, pourtant soutien de Fillon, a lui aussi affirmé son désaccord avec ce dernier. "Comme Alain Juppé, je ne souhaiterais pas que Sens commun dicte sa ligne au gouvernement", a-t-il dit.

Mais le Républicain qui déteste le plus Sens commun, c'est sans doute Christian Estrosi, hué par leurs militants lors du meeting de François Fillon à Toulouse le 31 mars dernier. Le Canard enchaîné du 19 avril relate une conversation entre les deux hommes, où le président LR de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur a attaqué le candidat à la présidentielle sur l'omniprésence de Sens commun dans la campagne du candidat des Républicains :

"J’ai été sifflé par Sens commun ! Que foutent ces gens dans ta campagne ? En plus, j’apprends que tu envisages de leur offrir des postes de ministres. Ces gens ont dénaturé ta campagne."

François Fillon aurait alors pris la défense du mouvement catholique traditionaliste, répondant à Christian Estrosi : "Je te conseille de ne pas les mettre en cause. Ce sont des gens dévoués et qui me soutiennent formidablement. Je n’ai aucune raison de les repousser."  Ce à quoi l'ancien maire de Nice aurait répondu : "À condition qu’ils respectent tout le monde. Pour rassembler, il faut respecter l’autre et chaque sensibilité. Ce n’est pas le cas".

Force est de constater que Christian Estrosi a raison, puisqu'il a une nouvelle fois été sifflé lors du meeting de François Fillon à Nice le 17 avril dernier. Décidément, chez les Républicains, il n'y a de commun que le nom.