Au G7 de l’environnement, les États-Unis confirment leur sortie de l’accord de Paris sur le climat

Lors de la tenue du G7 à Bologne en Italie ces 11 et 12 juin, Scott Pruitt, l’administrateur de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) nommé par Donald Trump s’est distingué en refusant de signer le texte qui réaffirmait "l’irréversibilité" de l’accord de Paris sur le climat.

Même si cela n’est pas surprenant, notons que les États-Unis se sont encore un plus isolés de l’effort global pour lutter contre le réchauffement climatique en s’illustrant comme la seule nation du G7 à refuser de signer le texte qui réaffirme l’irréversibilité de l’accord de Paris. Les six autres pays membres, c’est-à-dire la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, le Japon et le Canada, sont quant à eux restés fidèles à leur position.

Le 12 décembre 2015, les délégations des 195 pays présents à la COP21 à Paris avaient validé par consensus le premier accord juridique universel sur le réchauffement climatique. Un texte historique qui engageait tous les pays signataires à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré de façon "juridiquement contraignante", c’est-à-dire irréversible et non renégociable. Or, en refusant de signer le texte qui valide l’irréversibilité de l’accord de Paris, Scott Pruitt revient sur le fondement même du consensus validé à la COP21 et ratifié par Barack Obama en septembre 2016.

Le G7 de l’environnement devient un G6

Un isolement supplémentaire qui ne fait que refléter la position du gouvernement Trump sur le réchauffement climatique. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le nouveau président avait décidé de confier les rênes de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) à Scott Pruitt, un fervent climatosceptique, étroitement lié au lobby de l’industrie fossile. Celui-ci ne s’est d’ailleurs même pas embarrassé à rester présent jusqu’à la fin de la réunion entre les sept ministres de l’Environnement, affirmant dans un communiqué que l’accord de Paris "n’est pas le seul moyen d’aller de l’avant et de progresser".

Pour Laurence Tubiana, ancienne ambassadrice de la COP21, cette position ne fait que confirmer l’isolement des États-Unis du reste du monde. Elle reste persuadée que l’accord tiendra bon au mandat anti-climat de Trump : "En choisissant de ne pas se joindre au reste du G7, l’administration Trump accélère son isolation et blessera à terme les entreprises et les travailleurs américains", analyse-t-elle dans des propos rapportés par Libération. Le G7 sur l’environnement est donc désormais un G6 mais "dont rien n’arrêter[a] la détermination", dixit Nicolas Hulot.