Le gouvernement sucre 300 millions d’euros de dotations aux collectivités territoriales

Lors de la conférence des territoires du 17 juillet dernier pourtant, Emmanuel Macron s’était engagé à ne pas baisser les dotations des collectivités en 2018. Il les réduit donc… pour 2017.

Le Premier ministre Édouard Philippe répond aux questions des députés à l’Assemblée nationale le 19 juillet 2017. (© Aurélien Meunier/Getty Images)

Les associations de maires de France ne décolèrent pas depuis l’annonce par Libération le 1er août dernier, de la volonté du gouvernement de supprimer des crédits de l’État destinés aux collectivités territoriales pour 2017. Il faut dire que le montant de cette annulation n’est pas anodin puisqu’il s’élève tout de même à 300 millions d’euros…

Cette coupe des dotations est loin de rassurer les élus locaux. "[Le gouvernement] nous avai[t] promis le dialogue, la transparence… À aucun moment on ne nous a avertis de ce mauvais coup financier, s’indignait auprès de Libération le maire d’Issoudun (Indre), André Laignel. C’est d’autant plus choquant que ces crédits sont pour la plupart destinés à des dépenses d’investissement."

Ces subsides dont bénéficient les collectivités locales leur permettent en effet de financer des actions ou des associations dans les quartiers prioritaires, explique Franceinfo.

Pour l’ex-ministre délégué à la Ville François Lamy, toujours interrogé par Libération : "C’est le monde associatif de proximité qui va crever, tout simplement. C’est grave car ces associations sportives, culturelles ou encore d’aides aux femmes sont les amortisseurs sociaux de ces quartiers. Le gouvernement n’applique qu’une logique comptable, c’est Bercy qui est aux commandes."

De plus, le décret officialisant l’annulation de ces crédits aurait été signé trois jours après la conférence des territoires du 17 juillet, au cours de laquelle Emmanuel Macron avait assuré qu’il n’y aurait pas de "baisse brutale" des dotations… en 2018. Qu’à cela ne tienne, l’exécutif a donc décidé de couper les crédits pour 2017.

Mais le gouvernement tente, malgré la tempête, de se rattraper et d’être rassurant :

"Les annulations porteront sur des projets non engagés et ce sont les préfets qui procéderont opération par opération pour éviter de pénaliser les dossiers les plus porteurs d’enjeux", a ainsi tenu à préciser le ministère de la Cohésion des territoires.

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