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Grève générale en Guyane : 3 choses à savoir

Les mouvements sociaux en Guyane, débutés en pleine campagne présidentielle, entrent ce lundi 27 mars dans une nouvelle phase.

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Le collectif "500 frères contre la délinquance". (Capture d'écran BFM TV)

1. Une collectivité territoriale paralysée

Votée par 37 syndicats réunis au sein de l'Union des travailleurs guyanais (UTG) et soutenue par la classe politique locale, une grève générale illimitée a débuté lundi 27 mars en Guyane. Elle est le résultat d'un conflit social qui ne cesse de gagner en vigueur depuis une semaine dans ce département français. En pleine campagne présidentielle, les Guyanais ont en effet décidé de faire entendre leurs voix afin de dénoncer les problèmes de sécurité, d'économie, de santé et d'éducation qu'ils subissent au quotidien.

Depuis plusieurs jours, cette collectivité territoriale (qui est à la fois la deuxième plus grande région de France et le département le plus boisé) de près de 250 000 habitants est donc paralysée. Des dizaines de barrages routiers ont tout d'abord été érigés sur les grands axes routiers du territoire, une action suivie par la fermeture temporaire de plusieurs institutions de la région. Ce lundi 27 mars, écoles, universités, commerces et administrations restaient fermés en Guyane.

Ces différents blocages ont motivé les compagnies aériennes Air France et Air Caraïbes à annuler leurs vols vers la Guyane. Selon L'Express, Air France aurait notamment évoqué "des problèmes d'approvisionnement des appareils en carburant et des difficultés de circulation au sol".

Le lancement de la fusée Ariane 5, initialement prévu le mardi 21 mars, a, lui, été reporté à trois reprises, notamment en raison du blocage des routes.

2. Le "collectif des 500 frères", à l'origine du conflit social

La crise a commencé le 16 mars dernier, à l'occasion d'une conférence internationale sur la protection des fonds marins organisée en Guyane. La ministre de l'Environnement, Ségolène Royal s'était rendue sur place pour l'évènement. Alors qu'elle se trouvait à l'intérieur du bâtiment de la Collectivité territoriale de Guyane, où se tenait la conférence, 40 à 50 hommes cagoulés, membres d'un collectif appelé "500 frères contre la délinquance" sont entrés dans la salle pour interpeler la ministre. 

"Nous ne sommes pas des méchants. Vous êtes en sécurité avec nous, ce n'est pas la peine d'appeler des renforts", scandaient-ils à l'adresse de Mme Royal. Avant de clamer "Au secours !" pour l'alarmer sur la forte insécurité qui règne en Guyane. Car comme le rappelle Le Monde, la Guyane est le territoire le plus dangereux de France,  avec 42 homicides en 2016 pour 252 000 habitants.

"Même Marseille et les Bouches du Rhône réputées pour leur violence sont en dessous des chiffres guyanais", a déclaré le procureur de Cayenne, Éric Vaillant. Mais à la suite de l'irruption des "500 frères" pendant la conférence, Ségolène Royal a quitté la Guyane le soir-même, plus tôt que prévu.

3. Des ministres attendus de pied ferme

C'est bien ce que reprochent les Guyanais à l'État : de ne jamais envoyer des membres du gouvernement sur le territoire pour parler de leurs problèmes. Samedi 25 mars, une mission interministérielle de haut niveau, menée par l'ancien préfet de la région Jean-François Cordet, a été envoyée en Guyane. Pas suffisant pour les Guyanais.

"C’est une réponse qui n’est pas satisfaisante et je déplore que la ministre des Outre-mer [Ericka Bareigts, ndlr] n'ait pas daigné interrompre son séjour sur l’île de La Réunion pour prendre conscience de l’enjeu et de l’intérêt de ce qui se déroule en ce moment en Guyane", a déclaré à l'antenne de la chaîne de tél Guyane 1ère Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité territoriale de Guyane. En réponse, la ministre des Outre-mer a indiqué prévoir l'organisation d'une réunion de négociations à Paris. Ce qu'ont refusé les manifestants guyanais.

Lundi 27 mars, alors que la grève générale venait de débuter en Guyane, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a annoncé, en compagnie de la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts, qu'une "délégation ministérielle serait sur place [en Guyane, ndlr] avant la fin de la semaine".