Guerre au FN : Philippot et Le Pen se lancent des piques par médias interposés

Les deux dirigeants du Front national étaient chacun invité par la matinale d’une grande radio, mardi 19 septembre. Et il semblerait que le torchon brûle en interne : Marine Le Pen a sommé le vice-président de son parti à se "reconcentrer", tandis que Florian Philippot a déclaré qu’on lui avait mis "un pistolet sur la tempe".

D’un côté, Florian Philippot sur RMC dans Bourdin direct. De l’autre, Marine Le Pen dans RTL Matin avec Elizabeth Martichoux. Et des deux côtés, les reproches – plus ou moins déguisés – ont fusé. En ce 19 septembre, les deux ténors du Front national se sont écharpés par médias interposés, même si Marine Le Pen a tenu à assurer qu’il n’y "a pas de crise au Front national", qualifiant les différends entre les cadres du parti de "débats" garantissant la "démocratie" au sein du FN.

La présidente du Front national a ainsi assuré que les "critiques font partie de la vie interne d’un mouvement" et déclaré qu’il fallait "garder le calme des vieilles troupes". Cela ne l’a pourtant pas empêchée de revenir sur la création du mouvement de Florian Philippot au moment des élections législatives, Les Patriotes, qui selon elle "a créé une forme d’émoi au sein du Front national, auprès des adhérents du Front national, et même, il faut bien le dire, certaines inquiétudes".

Ensuite, la dirigeante du parti l’a enjoint, semblant vouloir rappeler qui est la cheffe, de "se reconcentrer" sur la refondation du parti et demandé à ce que "tout le monde se remette au travail" :

"Moi, je lui fais confiance pour lever ces ambiguïtés, pour rassurer les adhérents du Front national et pour, je le souhaite, se reconcentrer, comme l’intégralité des dirigeants du Front national, sur cette grande œuvre de refondation, dont je tiens à dire qu’elle est fondamentale. Elle est extrêmement importante."

Pour Philippot, "la refondation du FN se passe mal"

Pour sa part, le vice-président du parti, en charge de la communication, a expliqué qu’il ne "[comprenait] pas du tout où [était] le problème avec cette association", dont il avait déjà refusé de quitter la présidence il y a quelques jours, ajoutant :

"Je rappelle que 'Les Patriotes' c’est une association, vous l’avez dit, […] qui travaille, qui n’a jamais émis évidemment de point critique sur le Front national et qui travaille au contraire sur ce chantier de la refondation."

Il a par la suite assuré qu’il y avait selon lui deux poids, deux mesures, évoquant le vice-président adjoint du FN et conjoint de Marine Le Pen, Louis Aliot, également président d’un mouvement, à qui il n’a pas été demandé de quitter ses fonctions :

"D’ailleurs je note que d’autres vice-présidents, comme Louis Aliot, sont également présidents d’associations comme 'Idées Nation' qui sont des think-tanks qui ont déjà organisé des colloques et qu’on leur a jamais rien demandé. Donc je ne comprends pas du tout cette demande et je pense qu’on ne fera pas la refondation avec un pistolet sur la tempe.

C’est ce qu’on m’a mis : un pistolet sur la tempe pour une raison que je ne peux pas comprendre et je pense que si je répondais, je ne rendrais pas un service à Marine [Le Pen] et au Front national parce que ce serait démontrer que notre parti n’est pas capable du minimum syndical d’ouverture démocratique qu’un grand parti moderne en 2017, qui aspire au pouvoir, doit être capable d’assurer."

Le FN en pleine crise interne

Dimanche 17 septembre, Louis Aliot avait lui aussi taclé Florian Philippot, à l’occasion d’un déplacement dans les Pyrénées-Orientales, déclarant : "La politique ne consiste pas à se pavaner à la télévision, elle consiste à être sur le terrain, en expliquant qui nous sommes, ce que nous voulons."

Florian Philippot semble donc s’être mis à dos l’ensemble des ténors du FN, puisqu’un autre poids lourd du parti, Gilbert Collard, a réagi lundi 18 septembre au "Couscousgate", ne mâchant pas ses mots à son égard :

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