Harcèlement sexuel : le plus gros parti norvégien éclaboussé par un scandale

Considéré comme le "prince héritier de la social-démocratie", Trond Giske, le numéro 2 du parti travailliste norvégien, démissionne après plusieurs accusations de harcèlement sexuel.

Trond Giske, numéro 2 du Parti travailliste et ancien ministre norvégien. (© Bernt Sønvisen/Flickr/CC)

En Norvège, c’est un véritable séisme. Dimanche 7 janvier, le numéro deux du parti travailliste, Trond Giske, a été contraint de démissionner face à l’ampleur des accusations de harcèlement sexuel dont il fait l’objet.

Pourtant, le pays scandinave fait figure de modèle en matière d’égalité femmes-hommes. En novembre dernier, il était encore classé en deuxième position dans le rapport annuel du Forum économique mondial qui classe les pays les plus avancés en matière de parité.

"C’est la première affaire de cette importance au niveau politique. Il y a eu des retombées dans le cinéma, le théâtre et même la musique classique, mais au niveau politique c’est le premier scandale", explique Vibeke Knoop Rachline, correspondante à Paris du quotidien norvégien de référence, Aftenposten.

L’affaire est d’autant plus retentissante que Trond Giske est membre du parti travailliste, la plus importante formation politique du pays, censée être à la pointe en matière d’égalité hommes-femmes : "Le parti travailliste est un parti très important en Norvège, c’est la sociale démocratie norvégienne qui a été au pouvoir pendant des années et qui est maintenant dans l’opposition", explique Vibeke Knoop Rachline.

"Il ne s’agit pas d’un DSK norvégien"

Plusieurs fois ministre dans les gouvernements de Jens Stoltenberg entre 2000 et 2013, Trond Giske, 51 ans, a fait l’objet de plusieurs signalements – au moins six selon les médias norvégiens.

Les faits dont il a été accusé ne sont pas tous connus, mais une responsable politique locale, Line Oma, a affirmé avoir été plaquée contre un mur et embrassée contre son gré dans une discothèque de New Delhi en 2010, comme le rapporte Le Point. Trond Giske était alors ministre du Commerce et de l’Industrie.

"Il ne s’agit pas d’un Dominique Strauss-Kahn norvégien. C’est plutôt qu’il a abusé de sa situation d’homme de pouvoir avec des femmes plus jeunes qui n’avaient pas trop d’expérience, et qui ne pouvaient pas forcément résister à ses avances", précise Vibeke Knoop Rachline.

Ce scandale est un coup dur pour son parti, qui peine à trouver un nouveau souffle depuis qu’il a été évincé du pouvoir en 2013. Trond Giske était considéré comme le prince héritier de la sociale-démocratie norvégienne."Le parti est très embêté parce qu’il représentait l’avenir. Donc maintenant il va falloir penser autrement", conclut Vibeke Knoop Rachline

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