En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

À Hayange, le FN condamné à remettre l’électricité au Secours populaire

Une décision de justice force la mairie frontiste de Hayange à redonner l’accès au gaz et à l’électricité au local du Secours populaire, coupé depuis un an.

L’équipe du comité du Secours populaire de Hayange, chargée de l’aide alimentaire, pose devant le local en question. (© Joël Lumien/Secours populaire)

Il y a des fois où l’on se dit que le monde tourne rond. Le tribunal de grande instance a ordonné ce mardi à la mairie FN de Hayange, en Moselle, de rétablir le gaz et l’électricité au Secours populaire de sa ville. Car depuis un an, le local de l’association s’est transformé en frigo tandis que les bénévoles tentent tant bien que mal de continuer de venir en aide aux plus démunis.

"On va pouvoir continuer à travailler dans des conditions normales", s’est réjouie auprès de l’AFP Anne Duflot-Allievi, la présidente de l’antenne locale, dont la subvention était passée de 2 700 euros à 500 euros en un an en raison d’un arrêté municipal. Dans une enquête sur place, Libération racontait le combat de cette femme contre cette mairie frontiste en guerre ouverte contre son association. Local non assuré en cas d’incendie, accusation de faire du militantisme "promigrants", d’occupation illégale du lieu ou d’être une succursale du Parti communiste : le maire Fabien Engelmann fait preuve d’une imagination sans bornes pour lui mettre des bâtons dans les roues.

Et pourtant, elle a tenu bon : "Cette femme s’en prend plein la figure alors qu’elle ne compte pas ses heures. C’est dégueulasse", disent ses collègues. C’est donc une bataille de longue haleine que le Secours populaire d’Hayange vient de remporter aujourd’hui. Une bataille sociale, pas partisane. "Le seul combat que je mène, il n’est pas politique, il est contre la misère", assure Anne Duflot-Allievi.

Mister bad buzz

La bataille est gagnée, mais la guerre n’est pas finie pour autant. Car Fabien Engelmann en a fait une affaire personnelle et compte bien rayer de la carte municipale cette association qui permet à un millier de personnes à faibles revenus de se fournir en denrées alimentaires et vêtements. En attendant, la mairie est forcée de rétablir le courant et le gaz au local, sous peine de s’acquitter d’une astreinte de 500 euros par jour. "C’est un appel au squat", a réagi Fabien Engelmann auprès de l’AFP, annonçant qu’il comptait faire appel de cette décision de justice "décevante".

Une justice dont il est familier. Rappelons à toutes fins utiles que Fabien Engelmann a été mis en examen en début pour une sombre affaire de photocopieuses. Il lui est reproché d’avoir dépensé sans avoir effectué d’appel d’offres plusieurs dizaines de milliers d’euros en location de machines pour les écoles de la ville. Une transaction opaque qui aurait permis à un intermédiaire proche du Front national d’empocher une partie de la somme.

Et puis, difficile d’oublier la grandiloquente histoire de "L’Œuf d’Hayange", cette œuvre d’art qu’il a fait repeindre en bleu sur un coup de tête (si, si). Résultat : l’artiste Alain Mila est furax, la polémique enfle, la ministre de la Culture de l’époque, Aurélie Filippetti, réagit. Vous savez où il se trouve, l’œuf, aujourd’hui ? Fabien Engelmann l’a planqué dans un terrain vague, entre des palettes et des bacs de compost, sous les fenêtres du Secours populaire. Elle est belle, la mairie frontiste d’Hayange.