Interpellée par un sans-abri sur Twitter, la mairie de Paris va retirer une installation anti-SDF

Grâce au tweet d’un sans-abri très actif sur les réseaux sociaux, un dispositif de barrières anti-SDF va être retiré dans le XIXe arrondissement de Paris.

"Rue de Meaux, 75019. Grilles d’air chaud où parfois se posaient les #SDF. Sauf que maintenant voilà", a écrit laconiquement, lundi 25 décembre, un sans-abri en légende d’un cliché où l’on peut voir un système de barrières bloquant l’accès à des bouches d’aération.

Posté le jour de Noël, le tweet de Christian Page, assorti du hasthag "soyons humains", a été repris près de 2 000 fois. Ce message fait écho à la campagne "Soyons humains" de la Fondation Abbé-Pierre, qui se mobilise depuis plusieurs semaines dans la lutte contre ce type d’installations urbaines.

Grâce aux photos postées par les internautes sur les réseaux sociaux, l’association est parvenue à créer une carte interactive qui recense les endroits où l’on peut retrouver les dispositifs visant à exclure les sans-abri de l’espace public (picots, plans inclinés, "douches anti-SDF", etc.).

Encore 150 installations de ce type dans la capitale

Selon France Info, c’est grâce à ce tweet que la municipalité a été alertée de la situation. "La pose de ces grilles a été portée à notre connaissance hier via les réseaux sociaux. Dès que nous en avons eu connaissance, Anne Hidalgo a demandé leur retrait sans délais", a fait savoir la mairie de Paris.

Néanmoins, l’installation de ces barrières serait bien antérieure au mandat d’Anne Hidalgo. Selon le voisinage, elles auraient été installées il y a plusieurs années pour lutter contre des nuisances causées par des SDF. "Les SDF se donnaient le tuyau, ce qui fait qu’ils se battaient pour garder leur place, a expliqué un riverain à France Bleu. Après ça engendrait des nuisances sonores et olfactives."

Du côté de la mairie du XIXe, on nie toute volonté de nuire aux SDF : "Ce dispositif a été installé il y a plus de 5 ans pour préserver l’accessibilité d’une bouche CPCU [Compagnie parisienne de chauffage urbain]", a écrit sur Twitter François Dagnaud, le maire socialiste de cet arrondissement.

Même si la mairie de Paris s’est engagée à retirer ces barrières dans les plus brefs délais, le site de la Fondation Abbé-Pierre recense encore plus de 150 lieux présentant des installations similaires dans la capitale. L’été dernier, Emmanuel Macron avait pris un engagement aujourd’hui bien dur à tenir : "Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des hommes et des femmes dans les rues, dans les bois. Je veux partout des hébergements d’urgence."

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