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Ce qu’on a retenu de la grande interview d’Emmanuel Macron

Le chef de l’État s’est offert 40 minutes plutôt relax pour décrire la direction que prendra la suite de son quinquennat.

(© France 2)

Hier soir, France 2 diffusait une interview d’Emmanuel Macron par Laurent Delahousse. Cette "déambulation" journalistique dans les couloirs de l’Élysée avait été filmée mardi dernier, en marge du sommet One Planet Summit.

Pas vraiment d’annonces fracassantes lors de cet entretien, mais des mises au point parfois nécessaires, après sept mois de mandat présidentiel et à deux semaines de 2018. Syrie, emploi, écologie, audiovisuel public… Voilà ce qu’on a retenu de cet entretien.

1. La guerre contre Daech en Syrie sera gagnée dans deux mois

C’est Emmanuel Macron qui le dit : "Le 9 décembre, le Premier ministre irakien [Haïder al-Abadi, ndlr] a annoncé la victoire face à Daech et je pense que, d’ici mi, fin février, nous aurons gagné la guerre en Syrie". L’organisation État islamique est effectivement dans les cordes en Syrie, et a lâché ses derniers bastions pour s’engager dans une guerre plus asymétrique de guérilla du désert.

Selon le président, la suite des événements ne pourra être imaginée sans Bachar Al-Assad, pour le meilleur et pour pire. "Bachar sera là, il faudra parler avec lui et ses représentants", a déclaré Macron, tout en assurant que le dictateur syrien "devra répondre de ses crimes devant son peuple, devant la justice internationale".

2. Le chômage devrait baisser… dans deux ans

François Hollande avait passé son mandat les yeux rivés sur la courbe du chômage, guettant ses moindres tressaillements. Emmanuel Macron dit prendre de la hauteur et parler vrai : "Les décisions que nous avons prises en début de quinquennat n’ont pas d’impact immédiat. Cette réforme produira des résultats, c’est sûr. Dans les cinq ans. Mais après, je dis, il faut attendre deux ans pour qu’elle commence à avoir ses pleins effets, mais je ne suis pas là pour faire des pronostics, je suis là pour agir."

Le président de la République a également confirmé la mise en place de réformes de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage. Tout ça devrait être "voté au printemps" et donc rentrer en vigueur "à l’été-automne 2018".

3. Il a encore des progrès à faire en écologie

C’est pas nous qui le disons, c’est lui qui le concède : "Je ne suis pas un activiste du climat depuis des décennies." Résultat, le président de la République assure être à l’écoute de ses conseillers en la matière.

"Il y a des gens qui m’ont convaincu. Le glyphosate par exemple : j’ai lu, j’ai écouté, j’ai appris. Je suis convaincu qu’on peut avoir un dynamisme économique et une exigence écologique", a déclaré Macron en faisant un appel du pied à la fameuse finance verte, grande star du One Planet Summit et graal supposé de la transition vers une économie "eco-friendly".

Côté électricité, Emmanuel Macron dit vouloir "fermer durant ce quinquennat toutes les centrales thermiques et à charbon" – et on est plutôt contents pour nos poumons. En revanche, les antinucléaires ne vont pas être emballés.

Le président a en effet rappelé notre dépendance à l’atome : "Ce n’est pas mauvais pour les émissions de CO2, c’est même la meilleure manière décarbonée de faire de l’électricité, mais ça fait peur. Il faut choisir ses batailles, ma priorité c’est les émissions de CO2. Si je ferme demain une centrale nucléaire en plus, ce n’est pas vrai que je peux la remplacer par du renouvelable." Dans l’absolu, le chef de l’État s’en remet à l’Autorité de sûreté nucléaire pour savoir quelles centrales fermer.

4. Du changement dans nos TV et sur les ondes

Avant toute chose, petit topo sur l’actu de l’audiovisuel public. La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, s’est pris la semaine dernière un taquet d’une rare intensité quand l’écrasante majorité de ses journalistes a voté une motion de défiance à son égard, afin de critiquer sa politique. Quelques jours plus tôt, on apprenait qu’Emmanuel Macron avait décrit l’audiovisuel public comme "la honte de la République", avant que l’Élysée ne démente en catastrophe.

Hier soir, le président a donc tenu à revenir sur ce dossier, promettant "une grande réflexion sur l’audiovisuel public […] au début de l’année prochaine". L’avenir sera numérique ou ne sera pas, et l’audiovisuel va devoir s’y plier pour attirer les fameux "jeunes" rivés sur leurs "smartphones".

Cela passerait entre autres par une plus grande mutualisation de la radio, de la télévision et du digital publics, à la manière de ce que fait déjà la chaîne Franceinfo. La gestion des budgets pose également question : "Il y a beaucoup d’argent sur l’audiovisuel public, c’est le premier budget de la culture, a déclaré Emmanuel Macron. Est-ce que l’argent est mis au bon endroit ?"