Malgré la répression, les manifestations se poursuivent en Iran

L’Iran entame son sixième jour de manifestations, entre revendications économiques et colère contre le régime, les rassemblements se multiplient dans le pays.

Mardi 2 janvier, les manifestations continuent en Iran. On apprend que neuf personnes ont été tuées dans la nuit de lundi à mardi. Six manifestants sont morts en tentant de prendre d’assaut un commissariat dans la ville de Qahderijan au centre du pays. Parallèlement un enfant de 11 ans a été tué et son père blessé par des tirs de manifestants alors qu’ils passaient près d’un rassemblement, dans une autre ville de la même région d’Ispahan.

Enfin un jeune membre des Gardiens de la révolution (l’armée d’élite du régime) a été tué et un autre blessé par des tirs de fusil de chasse dans une ville un peu plus à l’ouest. En tout une quinzaine de personnes auraient péri depuis le début du soulèvement le 28 décembre dernier, comme le rapporte le Huffington Post.

C’est dans le nord du pays, à Mashhad, que tout a commencé jeudi dernier. En cause : le coût de la vie, et la crise économique qui touche toutes les catégories de population. Le taux de chômage y serait supérieur à 15 %, selon Thierry Coville, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), interrogé par TV5 Monde.

Des centaines de personnes arrêtées

Depuis, le mouvement de contestation a gagné l’ensemble du pays. D’abord alimenté par des considérations économiques, il s’est rapidement fait politique. Des scènes inédites ont pu être observées dans ce pays au régime très conservateur. Des manifestants n’ont pas hésité à s’en prendre au Guide Suprême Ali Khamenei, à travers des slogans "Désolé Ali, nous devons réagir !" et même en déchirant son portrait, comme le rapporte Libération. Contrairement aux manifestations de 2009 - dernier grand soulèvement en date dans le pays - les mouvements de contestations ne sont pas cantonnés aux grandes villes.
 
Après s’être montré "compréhensif", dimanche 31 décembre, le chef du gouvernement Hassan Rohani a fait preuve d’une plus grande fermeté lundi 1er janvier en affirmant que "le peuple iranien répondra aux fauteurs de troubles", qui représente une "petite minorité" selon lui. Réélu en mai dernier Hassan Rohani a permis à son pays de sortir de son isolement en négociant la levée des sanctions internationales liées aux activités nucléaires de l’Iran.
 
En attendant, les rassemblements continuent, malgré quelque 450 arrestations, dans une tentative désespérée du régime de stopper la contestation en cours. Les messageries Instagram et Telegram utilisées par les Iraniens pour communiquer ont également été bloquées.

Parallèlement Donald Trump n'a pas hésité à saisir cette opportunité pour critiquer le régime iranien. Le président des États-Unis en est à son sixième tweet sur le sujet depuis le début du soulèvement.

"L'Iran échoue à tous les niveaux malgré le terrible accord passé avec l'administration Obama. Le grand peuple iranien a été opprimé pendant des années. Il a faim de nourriture et de liberté. Les droits de l'homme et la prospérité de ce peuple sont bafoués. Il est temps que les choses changent !"

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