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"Je ne suis pas le Père Noël" : la visite tendue de Macron en Guyane

En visite en Guyane sept mois après le conflit social qui a paralysé la région en mars dernier, le chef de l’État doit faire face à la grogne des habitants, qui lui ont notamment demandé de cesser de témoigner du "mépris" à leur égard.

"Je ne suis pas le Père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants, a lancé Emmanuel Macron le 26 octobre, en marge d’une visite de quarante-huit heures en Guyane. Je ne suis pas venu faire des promesses, ce temps est fini. L’État a fait trop de promesses qui n’ont pas été tenues. […]"

Cette déclaration du président Macron est loin d’avoir plu aux Guyanais, venus à sa rencontre devant la préfecture de Guyane, pour faire part de leurs revendications, sept mois après les mouvements sociaux qui avaient touché cette région française. En mars dernier, en pleine campagne présidentielle, 37 syndicats s’étaient réunis au sein de l’Union des travailleurs guyanais (UTG) pour lancer une grève générale illimitée. Cette décision était le point d’orgue d’un conflit social par lequel les Guyanais voulaient faire entendre leurs voix pour dénoncer les problèmes de sécurité, d’économie, de santé et d’éducation qu’ils subissent au quotidien.

Sept mois plus tard donc, le président Macron est venu tenter d’apaiser la colère des Guyanais. Mais la méthode utilisée pour ce tout premier voyage officiel en Outre-mer du chef de l’État n’a semble-t-il pas été la bonne… Car avec cette déclaration assénant qu’il n’est "pas le Père Noël", c’est un nouveau vent de contestation qui s’est abattu sur le président français, dès le premier jour de sa visite officielle dans la région.

"Monsieur Macron opère de manière extrêmement nocive", commente auprès d’Europe 1 Line Létard, élue de l’opposition à Kourou.

"Monsieur Macron n’est pas le Père Noël et on l’avait bien compris. On n’est pas des enfants, et il ferait bien de s’en rappeler quand il parle de notre territoire, s’indigne l’élue guyanaise. Je dis à Monsieur Macron : montrez du respect pour la Guyane, pour que la Guyane se sorte d’affaire, en lui donnant ce qu’elle est en droit d’exiger de la République. Ses réponses ne sont pas à la hauteur des enjeux qui attendent la Guyane, et des difficultés sur le territoire."

Avec la visite du chef de l’État, des mesures fortes étaient attendues par les élus guyanais. En matière d’insécurité notamment, la région étant le territoire le plus dangereux de France, avec 42 homicides en 2016 pour 252 000 habitants. Mais en matière de chômage aussi : le taux en Guyane frôlant les 20 %…

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