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"Je suis votre chef" : quand Macron rappelle à l’ordre les militaires

Le président monte le ton pour asseoir son autorité.

Ce jeudi 13 juillet, Emmanuel Macron tenait son discours aux armées. À l’Hôtel de Brienne, à Paris, le chef de l’État a fait savoir qu’il était aussi le chef des armées, en l’affirmant haut et fort, et en recadrant sèchement le chef d’état-major des armées Pierre de Villiers. Une scène qui frôle l’humiliation publique pour ce dernier.

À l’origine de cette tension à la veille du défilé du 14-Juillet, le budget des armées. Au cours de la séance de la commission de la défense ce 12 juillet, le gouvernement a en effet demandé au ministère des Armées un effort financier de 850 millions d’euros pour l’année 2017. Une annonce qui n’a pas plu à Pierre de Villers, lequel a indiqué qu’il ne se laisserait pas "baiser" par Bercy et a menacé de démissionner, comme l’annonce le journal Les Échos.

"Je n’ai besoin de nulle pression et de nul commentaire"

En guise de réponse, Emmanuel Macron n’a pas trouvé mieux que l’autorité. Regard dur, ton sec et voix sévère, il a rétorqué au sujet des "nombreux débats sur le budget de La Défense" :

"Je considère, pour ma part, qu’il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique. J’ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. Et je n’ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire."

Dans un discours qui ressemblait davantage à un réquisitoire, le président de la République a fustigé les "mauvaises habitudes" du ministère en question, "considérant qu’il devait en aller des armées comme il en va aujourd’hui de nombreux autres secteurs". Il a ensuite appelé le chef d’état-major à la discrétion : "J’aime le sens du devoir. […] Et ce que j’ai parfois du mal à considérer dans certains secteurs, je l’admets encore moins lorsqu’il s’agit des armées."

Cette sortie du président n’est pas passée inaperçue. Ce vendredi matin, alors que ces mêmes armées paradaient sur les Champs-Élysées devant Donald Trump, Jean Guisnel, journaliste spécialisé dans les questions stratégiques et de sécurité, fustigeait dans Le Point :

"Emmanuel Macron reprend les vieilles habitudes. Il réduit le budget de la défense pour régler les problèmes financiers de la République, mais sans ajuster simultanément les missions demandées aux forces : la dissuasion nucléaire ne bouge pas. Les services de renseignements continuent d’être largement dotés en personnel et en moyens. Les opérations extérieures se poursuivent sur plusieurs continents. Et quand l’hôte de l’Élysée veut honorer un chef d’État étranger, ce sont les armées qui font le show."