Jean-Jacques Urvoas épinglé pour avoir violé le secret judiciaire alors qu’il était ministre de la Justice

L’ancien ministre de la Justice est soupçonné d’avoir révélé des informations sur une enquête en cours, au député Les Républicains Thierry Solère.

Jean-Jacques Urvoas. (© Wikimedia)

"Jean-Jacques Urvoas incapable de garder les Sceaux du secret judiciaire", titre le 13 décembre Le Canard enchaîné. Le journal satirique fait ce mercredi des révélations fracassantes : alors qu’il était ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas aurait violé le secret judiciaire.

Il aurait remis à son ami le député Les Républicains Thierry Solère, une note l’informant de l’avancée d’une enquête le concernant pour "fraude fiscale, blanchiment et trafic d’influence".

Selon Le Canard enchaîné, c’est en cherchant des informations dans le cadre de cette enquête que les policiers sont tombés sur une note, émanant de Jean-Jacques Urvoas.

Malgré les précautions prises par l’élu qui a eu la bonne idée d’utiliser la messagerie cryptée Telegram, la police a retrouvé la note transmise par le garde des Sceaux au député des Hauts-de-Seine. Ce dernier l’avait sauvegardée dans son téléphone portable.

Une bourde qui aura particulièrement amusé les policiers comme le rapporte Le Canard : "C’est délirant : ces mecs jouent aux espions en utilisant des messageries soi-disant secrètes, et ils se font prendre comme des bleus."

L’affaire remonte au printemps dernier. Jean-Jacques Urvoas est alors le ministre de la Justice du président sortant François Hollande, et Emmanuel Macron s’apprête à être élu.

Thierry Solère pressenti au poste de ministre de l’Intérieur

Selon Le Canard enchaîné, Emmanuel Macron aurait pensé à Thierry Solère pour occuper le poste de ministre de l’Intérieur !

Il aurait alors laissé entendre à Thierry Solère qu’il pourrait être choisi pour occuper le poste de ministre de l’Intérieur. "Ravi, flatté, mais inquiet le député des Hauts-de-Seine aimerait savoir où en sont ses déboires", raconte Le Canard.

Jean-Jacques Urvoas, alors sur le point de quitter ses fonctions de garde des Sceaux, fait donc la demande à la Direction des affaires criminelles et des grâces (la DACG) qui lui fournit une note, transmise à Thierry Solère avec la mention "Amitiés, Jean-Jacques Urvoas", qui laisse peu de place au doute quant à l’émetteur du message.

Bilan des courses : Thierry Solère n’est pas ministre de l’Intérieur et Jean-Jacques Urvoas pourrait bien se retrouver devant la Cour de justice de la République pour violation du secret professionnel.

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