En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

La Birmanie et le Bangladesh se sont accordés sur le rapatriement des Rohingyas

Les deux pays ont signé un accord ce jeudi 23 novembre, afin que les centaines de milliers de musulmans Rohingyas en exil au Bangladesh puissent être rapatriés.

À la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, en septembre. (© Jordi Bernabeu Farrús/Flickr/CC)

Ils sont persécutés depuis des dizaines d’années, mais sont la cible d’un nouveau regain de violence depuis le mois d’août dernier. Les Rohingyas, cette minorité musulmane vivant dans l’ouest de la Birmanie – pays majoritairement bouddhiste –, ont été récemment chassés de l’État birman d’Arakan, à l’occasion d’un conflit entre l’armée et les rebelles de cette communauté.

L’ONU a qualifié cette répression "de nettoyage ethnique". Selon l’organisme international, cette minorité est devenue l’une des plus persécutées au monde. En plus de devoir fuir la Birmanie, beaucoup de ses membres sont considérés comme des apatrides par les autorités birmanes et ne disposent d’aucuns papiers d’identité.

C’est donc au Bangladesh, pays frontalier de la Birmanie, que se sont réfugiés de nombreux Rohingyas en exil : depuis fin août, il serait près de 620 000, selon France 24 à s’être rendus dans le pays. Pour tenter d’endiguer cette explosion démographique, le Bangladesh a même envisagé de mettre en place un plan de stérilisation des Rohingyas, sur la base du volontariat.

Des semaines de discussions

Ce 23 novembre, après plusieurs semaines de pourparlers, la Birmanie et le Bangladesh sont finalement parvenus à un accord, afin de rapatrier les centaines de milliers de Rohingyas présents au Bangladesh.

"Nous sommes prêts à les accueillir dès que possible, dès que le Bangladesh nous aura renvoyé les formulaires [de retour]", a indiqué Myint Kyaing, secrétaire permanent du ministère du Travail, de l’Immigration et de la Population birman.

Nulle mention du terme "Rohingyas" dans le communiqué rapportant les éléments de l’accord, en revanche. Les autorités birmanes, qui refusent d’utiliser ce mot, ont préféré faire référence à la minorité musulmane en parlant de "personnes déplacées de l’État rakhine". "Les critères de rapatriement ou le nombre de personnes concernées par ce programme n’ont pas été précisés", indique l’AFP.

L’accord a été annoncé quelques jours avant la venue du pape François dans les deux pays. Le chef de l’Église catholique se rendra en effet en Birmanie du 26 au 30 novembre, et au Bangladesh du 30 novembre au 2 décembre.

Pressée par la communauté internationale, la prix Nobel de la paix et dirigeante birmane Aung San Suu Kyi avait également été récemment sommée par l’ONU de s’exprimer sur le sort des musulmans Rohingyas.

À lire -> Les Rohingyas, cette minorité ethnique persécutée dont personne ne parle