La Corée du Nord participera aux Jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud

Des représentants des deux pays se sont rencontrés mardi 9 janvier pour discuter des Jeux olympiques d’hiver qui se tiendront à Pyeongchang en février.

La zone démilitarisée créée entre les deux Corées après l’armistice de 1953. (U.S. Army photo/Sgt. Park Youngho)

L’heure est résolument au dégel au Pays du matin calme. Mardi 9 janvier, la Corée du Sud et la Corée du Nord ont traduit leurs paroles en actes, en acceptant de se rencontrer à la frontière entre leurs deux pays. Les deux sœurs ennemies se sont réunies pour la première fois depuis deux ans pour discuter de la participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques d’hiver qui se tiendront du 9 au 25 février prochains à Pyeongchang en Corée du Sud.

Cette rencontre fait suite à la main tendue par le dirigeant de la Corée du Nord lors de ses vœux pour l’année 2018. Kim Jong-un avait déclaré être disposé à envoyer une délégation dans le Sud. Le ministre de l’Unification sud-coréen, Cho Myoung-gyon, avait alors suggéré "d’organiser des discussions avec le Nord à tout moment, dans n’importe quel lieu et sous n’importe quelle forme".

Mardi 9 janvier, les délégations des deux États se sont rencontrées dans le village de Panmunjom situé dans la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule. Un lieu symbolique, car c’est là qu’avait été signé l’armistice qui avait mis un terme aux combats de la Guerre de Corée en 1953.

Selon BFMTV, la Corée du Nord voit les choses en grand : elle "a proposé de dépêcher une délégation de haut niveau" composée d’un comité national olympique, d’une délégation, d’athlètes, de supporteurs, d’artistes, d’observateurs, de journalistes et d’une équipe de démonstration de taekwondo. Comme le rappelle France Info, ce n’est pas la première fois que des athlètes nord-coréens participeront à une compétition dans le Sud, une délégation nord-coréenne était ainsi présente à Incheon lors des Jeux asiatiques en 2014.

Les "Olympiades de la paix"

Lors de ces discussions, le Nord a affirmé vouloir insister sur la nécessité de réaliser la réunification, un scénario dont doutent nombre d’observateurs. Quant au Sud, il souhaite mettre au premier plan la question épineuse des familles séparées depuis l’armistice, comme le rapporte Le Figaro. Le vice-ministre de l’Unification sud-coréen Chun Hae-sung espère "une réunion des familles séparées par la guerre de Corée d’ici aux vacances du Nouvel An lunaire, prévues du 15 au 17 février".

Pour les deux camps, il y a fort à attendre de ces "Olympiades de la paix". Depuis plusieurs mois la Corée du Nord a fait monter la tension à son paroxysme en multipliant les essais nucléaires et les tirs de missiles. Plus surprenant : le dégel des relations entre les deux pays serait même du goût de Donald Trump, pourtant en pleine guerre médiatique avec le leader nord-coréen. "Je veux vraiment que cela marche entre les deux pays, j’aimerais les voir participer aux Jeux olympiques et les choses pourraient peut-être continuer à partir de là", a-t-il fait valoir samedi dernier, signale Le Figaro.

Afin de permettre aux athlètes nord-coréens de se rendre à Pyeongchang, la Corée du Sud annoncé mardi qu’elle n’excluait pas une levée temporaire des sanctions contre la Corée du Nord. "On dit qu’un voyage entrepris à deux dure plus longtemps qu’un voyage solitaire", a déclaré le responsable de la délégation nord-coréenne Ri Son-Gwon. En espérant que les deux pays continuent à regarder dans la même direction.

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