La France s’apprête à accueillir les premiers réfugiés évacués de Libye

Cette annonce du directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) arrive alors qu’une forte mobilisation a eu lieu à Paris ce samedi 18 novembre, en réaction à la publication d’une vidéo de CNN montrant des migrants vendus aux enchères en Libye.

La vidéo de CNN a marqué les esprits : publiée le 14 novembre dernier, elle montre des réfugiés vendus aux enchères pour 400 ou 700 dinars libyens, dans une maison située près de Tripoli, en Libye. Cette vidéo a été une véritable onde de choc en Occident.

À la suite de la publication de ces images, en France, un appel à la mobilisation a été fortement relayé, comme celui de Claudy Siar, le présentateur de l’émission Couleurs tropicales sur RFI, qui interpellait les internautes sur sa page Facebook :

"Moi, le descendant d’esclaves dont les ancêtres furent déportés d’Afrique pour être des bêtes de somme dans le nouveau monde, je découvre qu’en ce début de XXIe siècle […], en Libye […], on est en train de vendre des Africains."

Sur Twitter, le journaliste avait appelé à une manifestation devant l’ambassade de Libye, à Paris, ce samedi 18 novembre. Cette mobilisation a rassemblé des centaines de personnes.

Un petit groupe sera accueilli

Ce lundi 20 novembre, soit deux jours après la manifestation, Pascal Brice, le directeur général de l’Ofpra, a annoncé que la France accueillerait prochainement un premier groupe de réfugiés évacués de Libye par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Au nombre de 25, ces migrants sont arrivés à Niamey, au Niger, le 11 novembre dernier, et devraient atterrir en France "au plus tard en janvier", selon le ministère de l’Intérieur.

Ce groupe de 25 personnes est composé d’Érythréens, d’Éthiopiens et de Soudanais, et comprendra "15 femmes et 4 enfants", a précisé Pascal Brice. Ces migrants obtiendront le statut de réfugié "très rapidement" après leur arrivée en France, indique pour sa part Europe 1. Selon la Direction générale des étrangers en France contactée par l’AFP, ils seront dans un premier temps hébergés en structure collective, "le temps de leur donner un certain nombre de clés sur la vie en France".

Des hommes migrants enfermés dans un centre de détention en juin 2017, à Tripoli, en Libye. (© Florian Gaertner/Photothek via Getty Images)

À lire -> Libye : CNN a filmé des migrants vendus aux enchères sur un marché aux esclaves