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La Turquie, "plus grande prison pour journalistes du monde", selon RSF

Lundi 25 septembre, le responsable de la Turquie pour Reporters sans Frontières, Johann Bihr, a accordé un entretien au Monde. À cette occasion, il a dressé une peinture alarmante de la situation des médias turcs et invite la Cour européenne des droits de l’homme à réagir.

(© Flickr/domaine public)

Lundi 25 septembre, Johann Bihr, le responsable de la Turquie à Reporters sans Frontières a accordé un entretien au quotidien Le Monde. À cette occasion, il a tenu à insister sur la condition des journalistes en Turquie et ne mâche pas ses mots, évoquant une "répression des médias sans précédent". Selon lui, ce sont près de 150 médias qui ont fermé depuis le coup d’État manqué de 2016.

Pour rappel, le 15 juillet 2016, une tentative de putsch pour renverser Recep Tayyip Erdogan avait échoué, donnant lieu à de grandes purges. Le 16 avril 2017, une consultation populaire avait donné le feu vert à une réforme constitutionnelle permettant au président de renforcer considérablement les pouvoirs de l’exécutif. Depuis, les purges se sont accélérées et les cas de journalistes étrangers retenus sur le territoire turc, à l’instar de Mathias Depardon et Loup Bureau, se sont multipliés au motif de "lutte contre le terrorisme".

À l’heure actuelle, le pays est classé au 155e rang sur les 180 pays présents au classement de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières (RSF) en 2017. Une place légitime selon Johann Bihr qui considère que la Turquie est aujourd’hui la "plus grande prison pour journalistes du monde".

"Près de 150 médias ont été fermés depuis le coup d’État raté"

Les propos de Johann Bihr sont plus qu’alarmants, évoquant tour à tour, le sort de journalistes emprisonnés sans même qu’un procès n’ait lieu, la surveillance accrue sur Internet avec des gens qui se retrouvent "arrêtés pour un simple tweet" ou encore le "climat de peur" ambiant. Selon lui, la récente libération de Loup Bureau n’est en aucun cas non plus un "signe d’espoir", car il résulte de "tractations bilatérales entre la France et la Turquie".

En outre, Johann Birh a pointé du doigt l’autocensure et l’absence de sens critique que sont contraints à pratiquer les journalistes qui peuvent encore exercer leur métier. Car, comme l’explique Reporters sans Frontières, "ceux qui restent en liberté sont tout aussi exposés à l’arbitraire" parce qu’ils risquent très gros : "procès en cascade, retrait de carte de presse, annulation de passeport" ou encore "confiscation de biens".

Pour toutes ces raisons, RSF a annoncé qu’elle appelait la Cour européenne des droits de l’homme à réagir :

"Elle est aujourd’hui leur seul recours. Il y a urgence, car certains sont vieux et malades."

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