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L’Assemblée a voté pour la fin de la production de pétrole et de gaz d’ici 2040

Les députés ont voté, dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 octobre, l’article de loi sur la fin de la production d’hydrocarbures d’ici 2040 sur l’ensemble du territoire français.

(© Flickred!/Flickr/CC)

L’Assemblée nationale a validé la nuit dernière le projet de loi Hulot sur la fin de la production d’hydrocarbures d’ici à 2040, en métropole et outre-mer. Les députés ont ainsi validé l’article 1er, qui prévoit qu’à compter de son adoption définitive par le Parlement, d’ici la fin de 2017, il ne pourra plus être délivré de nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures, ce qui inclut un refus des demandes en cours et le prolongement des concessions déjà existantes. Seule une dérogation très encadrée a été accordée : l’exploitation du soufre du bassin de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Cela marque une étape dans la sortie de la France des énergies fossiles et la transition du pays vers la neutralité carbone, comme l’avait annoncé Emmanuel Macron dans son programme de campagne. Il s’agit d’une adoption plutôt en douceur, puisque Le Monde note que près de la moitié des 180 amendements déposés par des députés ont été examinés sans qu’aucune modification de fond ne soit faite. Ce volet du plan climat de Nicolas Hulot garde donc jusqu’ici toute sa substance et reste fidèle aux engagements pris par le ministre de la Transition écologique et solidaire.

Avec l’accélération de sa sortie des énergies fossiles, la France souhaite se positionner en meneuse en matière de transition énergétique. La volonté affichée est de respecter l’Accord de Paris sur le climat de 2015, qui vise à empêcher le réchauffement climatique de dépasser le seuil des 1,5 degré/2 degrés d’ici la fin du siècle. Cela permettrait à l’Hexagone de se placer dans le même groupe que des nations pionnières comme le Costa Rica, qui tourne principalement grâce aux énergies renouvelables.

La France sur la voie du Costa Rica

Cette sortie de la production des énergies fossiles à la fois "conventionnelles" (pétrole, charbon, gaz naturel) et non conventionnelles (comme le pétrole et le gaz de schiste) est rendue possible par le simple fait que la France ne produit que 815 000 tonnes de pétrole par an nous apprend Le Monde, soit 1 % de notre consommation annuelle.

La France est en effet moins dépendante aux énergies fossiles que d’autres pays, principalement en raison de son important parc nucléaire (nous sommes la nation la plus nucléarisée au monde). Et la plupart des matières fossiles consommées en France sont importées (ce qui implique par ailleurs une lourde facture énergétique pour le pays dans ce secteur).

Concernant les 1 500 emplois directs et 4 000 emplois indirects menacés par la sortie de la France des énergies fossiles, Nicolas Hulot a affirmé qu’il n’y aurait "pas de brutalité". Les territoires très dépendants de leurs ressources en pétrole, comme la Guyane, sont ainsi incités à se tourner dès à présent vers des filières d’avenir.

Le secteur des énergies renouvelables est en effet en pleine expansion, et offrait en 2016 près de 10 millions d’emplois dans le monde – un chiffre qui devrait doubler d’ici 2030. Dans certains pays, comme les États-Unis, les effectifs des métiers liés aux énergies vertes explosent, tandis que ceux des secteurs liés aux énergies fossiles se tarissent. Cela tend à montrer que le changement de paradigme qui se profile en France est porteur d’avenir.

À lire -> La France pourrait tourner à 100 % aux énergies vertes d’ici 2050.