Laurent Wauquiez est officiellement candidat à la présidence des Républicains

Dans une interview publiée par Le Figaro le 1er septembre, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé qu’il se lançait dans la course à la présidence du parti Les Républicains.

© Thomas SAMSON/Gamma-Rapho via Getty Images

"Je suis candidat à la présidence des Républicains. Car je veux faire renaître l’espoir à droite", lance Laurent Wauquiez dès le début de l’entretien qu’il a accordé au Figaro, paru ce 1er septembre. C’est donc officiel : l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur de Nicolas Sarkozy est en lice pour prendre les rênes du parti Les Républicains (LR).

Après la sévère défaite de François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle, Laurent Wauquiez espère donc prendre le contrôle d’un parti qui semble ne plus avoir de repères. Comme il l’explique lui-même, le candidat compte s’appuyer sur une ligne très à droite :

"[…] Je veux que la reconstruction de notre droite se fasse sur des valeurs claires […] Et il faut que la droite soit vraiment de droite !"

Pour ratisser large, l’actuel vice-président du parti pourrait tenter de séduire certains partisans du Front national (FN). Mais plusieurs ténors des républicains, comme la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, contestent cependant cette stratégie. "Certains veulent un retour à la ligne Buisson, celle qui nous a fait perdre en 2012 […]. Celle qui résume la question sociale à l’unique question identitaire. Celle qui, bien souvent, relègue les femmes au deuxième plan, aussi. Ils pensent que seule cette ligne permettra d’incarner une vraie opposition à Emmanuel Macron. Derrière, il y a la tentation d’un rapprochement avec l’extrême droite", déclarait ainsi Valérie Pécresse dans les colonnes du Journal du dimanche le 9 juillet dernier, avant de conclure :

"Marion Maréchal-Le Pen a fait des œillades à Laurent Wauquiez, mais d’autres aussi, comme Thierry Mariani, ont dit que le rapprochement avec le FN était inéluctable. Ce qui se dessine, c’est une ligne d’opposition brutale et très conservatrice."

L’ombre de La Manif pour tous

"Il court après l’extrême droite, assurait pour sa part Xavier Bertrand au sujet de Laurent Wauquiez dans le JDD le 24 juin dernier. Il est le candidat de Sens commun." Sens commun, cette organisation issue de La Manif pour tous qui a fait beaucoup parler d’elle pendant la dernière présidentielle. "Constatant l’échec de leur mobilisation dans la rue [contre le Mariage pour tous, ndlr], certains membres de ce collectif décidèrent de renoncer à l’étiquette apolitique de La Manif pour tous pour fonder un mouvement politique : Sens commun", rappelait Le Monde en avril dernier. Le 4 novembre 2013, l’association naissait, avec pour but affiché de peser de l’intérieur de l’UMP et d’influencer la ligne du prétendant à l’Élysée en 2017."

Cette méthode d’influence a bien fonctionné avec François Fillon pendant la campagne présidentielle. Le candidat de la droite n’excluait ainsi pas à l’époque une participation de Sens commun à son gouvernement. Laurent Wauquiez le soutenait d’ailleurs dans cette décision.

"[…] Évidemment que Sens commun est aussi une composante de notre famille politique, déclare Laurent Wauquiez dans son interview au Figaro. Si je suis élu, je veux veiller à ce que chacun puisse s’exprimer dans le respect des autres, qu’on retrouve cette envie du travail en commun, et qu’on arrête de céder aux divisions."

À ce jour, Laurent Wauquiez – qui est soutenu par des nombreux sarkozystes, parmi lesquels Brice Hortefeux – est le grand favori du scrutin interne à LR, qui se déroulera les 10 et 17 décembre prochains. Les autres candidats à la présidence du parti sont le député du Pas-de-Calais Daniel Fasquelle, la maire de Taverny (Val-d’Oise) Florence Portelli et Laurence Sailliet, peu connue mais proche de Xavier Bertrand.

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