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Le Bangladesh compte parquer des réfugiés rohingyas sur une île déserte

Ce projet controversé, lancé par Dacca en 2015, vient d’être officiellement approuvé par le gouvernement bangladais.

Poste-frontière d’Anjuman Para, près de Cox’s Bazar, Bangladesh, le 19 novembre 2017. Des réfugiés rohingyas se dirigent vers un camp après avoir traversé la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh. (© Md. Mehedi Hasan/Pacific Press/LightRocket via Getty Images)

Alors que la Birmanie et le Bangladesh ont signé le 23 novembre dernier un accord autorisant le rapatriement de centaines de milliers de réfugiés rohingyas présents au Bangladesh, Dacca vient de donner son accord pour l’aménagement d’une île inhabitée. L’objectif ? Y parquer des membres de la communauté rohingya, qui embarrassent les autorités bangladaises.

Présente sur très peu de cartes, l’île déserte en question, située dans le golfe du Bengale, s’appelle Bhashan Char et était autrefois connue sous le nom de Thengar Char. L’îlot est régulièrement en proie aux inondations en raison d’importantes marées. Ainsi, écrit L’Obs, "seuls quelques pêcheurs et fermiers venant y faire paître leur bétail l’utilisent" ponctuellement.

Un lieu isolé et un environnement hostile

Cependant, mardi 28 novembre, un conseil économique du gouvernement bangladais, présidé par la Première ministre Sheikh Hasina, a annoncé le déblocage d’une dotation de 235 millions d’euros pour réaliser les travaux nécessaires à l’aménagement de l’île. Car malgré l’accord signé avec la Birmanie, de nombreux Rohingyas restent encore présents au Bangladesh car il leur manque des papiers d’identité, nécessaires pour être rapatriés. En plus de devoir fuir la Birmanie à cause de leur persécution par l’armée, la plupart des Rohingyas, considérés comme apatrides, sont en effet sans papiers.

"Environ 100 000 personnes seront déplacées [sur l’île] dans un premier temps. Nous espérons que les travaux du projet seront achevés courant 2018", a déclaré à l’AFP Ziaul Islam, secrétaire en charge du plan.

Les défenseurs des droits humains sont, eux, farouchement opposés à ce projet. Ils dénoncent notamment "l’isolement du lieu et les conditions naturelles hostiles de cet îlot désert". De son côté, l’Onu estime qu’une relocalisation forcée de Rohingyas serait "extrêmement complexe et controversée".

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