Robert Ménard condamné à 2 000 euros d'amende pour "provocation à la haine"

Le maire de Béziers, proche du Front national, a été condamné mardi 25 avril à payer une amende de 2 000 euros pour "provocation à la haine et à la discrimination".

Source : Wikipédia

Robert Ménard. (© Pablo029/Wikipédia/CC)

Mardi 25 avril, le maire de Béziers, proche du Front national, a été condamné par le Tribunal correctionnel de Paris à payer 2 000 euros d'amende pour provocation à la haine et à la discrimination. La cour a également accordé entre un euro symbolique et 1 000 euros de dommages et intérêts, et 1 000 euros de frais de justice, à sept associations s'étant portées parties civiles, dont la Licra et SOS Racisme.

Robert Ménard était poursuivi pour un message publié sur Twitter, dans lequel il avait écrit le 1er septembre 2016 : "#rentréedesclasses: la preuve la plus éclatante du #GrandRemplacement en cours. Il suffit de regarder d’anciennes photos de classe." Des propos qu'il avait renouvelés à l'occasion d'un passage sur la chaîne LCI, où il avait affirmé que "91% d'enfants musulmans, évidemment que c'est un problème". On précise que ces chiffres ont été obtenus aux moyens de statistiques ethniques – un procédé illégal auquel l'édile est favorable.

Au cours du procès, le procureur de la République a considéré que Robert Ménard avait "montré du doigt des gosses" et qu'il les réduisait "à leur religion, peu importe qu’ils aient la nationalité française ou ne pratiquent pas cette religion".

Ménard persiste et signe

Malgré sa condamnation, l'élu ne fait pas marche arrière. Il a réagi sur son compte Twitter en indiquant "Dire la réalité c'est mon job d'élu. Je décris, je ne juge pas !", pour ensuite déclarer qu'il ferait appel de cette décision de justice :

Interrogé par un journaliste du site qu'il a fondé, Boulevard Voltaire, il a réitéré sa position, jugeant cette décision "invraisemblable" et a ajouté :

"Venez à une sortie d'école avec moi et vous constaterez que oui, il y a un Grand Remplacement. Pas dans le sens de gens qui tireraient les ficelles mais juste parce que ça saute aux yeux, parce que les photos de classe le disent. [...]

Oui, je vais faire appel et j'irai jusqu'au bout. C'est une condamnation inique. Toute ma vie est le contraire de ce pourquoi je suis condamné aujourd'hui. [...]

J'ai l'impression qu'un certain nombre de propos n'ont plus le droit d'être tenus aujourd'hui. C'est juste inadmissible !"