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Le militant Cédric Herrou placé en garde à vue pour avoir aidé 156 migrants aux côtés de José Bové

Lundi 24 juillet, le militant Cédric Herrou, leader de l’association Roya Citoyenne, a été interpellé par les forces de l’ordre à la gare de Cannes. Il se rendait avec un groupe de 156 migrants à Nice puis à Marseille afin de les aider à déposer des demandes d’asile. Il était en compagnie de l’eurodéputé José Bové (EELV-ALE).

(© Compte Twitter de José Bové)

Lundi 24 juillet, l’agriculteur Cédric Herrou, connu pour son combat en faveur des réfugiés et demandeurs d’asile, a été placé en garde à vue. Il se trouvait en gare de Cannes avec 156 migrants dans le but de les accompagner pour effectuer des dépôts de demande d’asile sur le territoire français. La police a déclaré : "Il y a eu 156 interpellations, en majorité des personnes du Soudan". D’après les informations du quotidien Le Monde, "une centaine [des personnes interpellées] ont été emmenées en car à Menton et les autres étaient sous garde policière en gare de Cannes en milieu de soirée, en attente d’être transférées à leur tour".

L’avocate chargée de la défense de l’agriculteur, Maître Zia Oloumi, a fait savoir à Nice Matin qu’il s’agissait de la sixième mise en garde à vue de Cédric Herrou, ajoutant : "Le plus grave, ce n’est pas que Cédric Herrou soit interpellé, je m’interroge sur la façon dont on traite ces personnes-là".

Il y a trois semaines, l’association de Cédric Herrou, Roya Citoyenne, avait filmé en caméra cachée des reconduites de migrants à la frontière italienne sans que la procédure légale qui veut que "des informations sur la possibilité de demander une protection internationale doivent être mises à disposition aux points de passage frontaliers" et que "les mineurs contrôlés à l’entrée sur le territoire […] doivent être informés de leurs droits dans une langue qu’ils comprennent, en bénéficiant d’un jour franc (garantie légale visant à suspendre le processus de renvoi) et avoir connaissance des conditions dans lesquelles ils peuvent demander l’asile", ne soit respectée.

"Des personnes qui viennent du Soudan ou d’Erythrée n’ont pas la possibilité de déposer un dossier. C’est scandaleux"

Le maire de Nice Christian Estrosi a réagi et publié un communiqué dans la soirée de lundi dans lequel il "remercie la police municipale qui a refusé" l’entrée des migrants sur la Promenade du Paillon et annonce avoir écrit au procureur de la République "afin qu’il se saisisse de la situation de cet individu [Cédric Herrou, ndlr] qui nuit au travail des forces de l’ordre et cherche à dévoyer le droit d’asile", arguant :

"Une fois de plus, Cédric Herrou a aidé 200 migrants à franchir la frontière, comme il le fait désormais toutes les semaines. Comment la puissance publique peut-elle continuer à supporter ses provocations inadmissibles et ses opérations coup de force alors même qu’au-delà du profit de la misère humaine, cela constitue un délit d’aide à la circulation et au séjour d’étrangers en situation irrégulière ?"

Interviewé sur France Inter mardi 25 juillet, le député au Parlement européen sous l’étiquette Les Verts/ALE, José Bové, qui était aux côtés de Cédric Herrou lors de son interpellation, s’est pour sa part indigné du traitement qui est réservé aux réfugiés sur les territoires français et européen :

 

À voir -> Vidéo : l’association Roya Citoyenne dénonce des expulsions illégales de migrants mineurs