Accord sur le climat : le monde fustige le choix de Donald Trump

Dirigeants, élus et personnalités du monde entier ont réagi avec force à la décision de Donald Trump de faire sortir les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat.

© Department of Defense

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L’ancien président des États-Unis Barack Obama a été l’un des premiers à s’exprimer après l’annonce de Donald Trump du retrait des États-Unis de l’accord sur le climat qu’il avait lui-même signé, engageant son pays à lutter contre le réchauffement climatique aux côtés de 194 autres nations. Dans un communiqué, relayé sur Twitter par son porte-parole, Barack Obama dit regretter la décision prise par son successeur de torpiller les efforts fournis lors de la COP21. Il a notamment réfuté la justification de Donald Trump, qui a affirmé durant sa conférence de presse, le 1er juin, que l’accord de Paris était néfaste pour l’économie américaine :

"Pour les pays qui se sont engagés, l’accord de Paris a ouvert les vannes pour que les entreprises, les scientifiques et les ingénieurs puissent déclencher des investissements et innovations dans de hautes technologies, faibles en carbone, à une échelle sans précédent. Les pays restant dans l’accord de Paris seront ceux qui en récolteront les bénéfices […].

J’estime que les États-Unis devraient se trouver à l’avant-garde. Mais même en l’absence d’un leadership américain, même si cette administration se joint à la petite poignée de pays qui rejettent l’avenir, je suis certain que nos États, nos villes et nos entreprises seront à la hauteur et en aideront à protéger la planète pour les générations futures."

Dans un texte relayé sur les réseaux sociaux, l’ancien vice-président des États-Unis Al Gore, prix Nobel de la paix et grand défenseur de la cause écologiste, critique lui aussi vertement la décision de Donald Trump. Pour lui, "retirer les États-Unis de l’accord de Paris est une action irréfléchie et injustifiable".

Dans une allocution vidéo, le président français Emmanuel Macron a déclaré – en français et en anglais – que la décision de Donald Trump était "une erreur, pour les intérêts de son pays et de son peuple, et une faute, pour l’avenir de notre planète". Même son de cloche du côté de son prédécesseur François Hollande :

La chancelière allemande, Angela Merkel, a dit "regretter" la décision du président américain, rapporte Le Monde, tandis que la Première ministre britannique Theresa May a rappelé que l’accord de Paris sur le climat protégeait "la prospérité et la sécurité des générations futures, tout en assurant l’accessibilité de l’énergie pour nos citoyens et nos entreprises".

La déception se retrouvait aussi chez le Premier ministre canadien :

Dans une déclaration, Justin Trudeau poursuit :

"Bien que la décision des États-Unis soit désolante, nous restons inspirés par le mouvement qui continue de prendre de l’ampleur dans le monde entier pour combattre les changements climatiques et faire la transition vers des économies axées sur la croissance propre […]. Nous continuerons de travailler avec nos partenaires nationaux et internationaux pour favoriser les progrès dans ce qui constitue l’un des plus grands défis auxquels le monde fait face."

Aux États-Unis encore, de manière plus frontale, l’ancien gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, s’est adressé face caméra à Donald Trump, faisant au passage une petite référence à sa vie d’acteur et son rôle dans Terminator :

"[…] On ne peut pas détruire nos progrès, on ne peut pas arrêter notre révolution des énergies propres, et on ne peut pas retourner dans le passé… il n’y a que moi qui puisse faire ça. En tant que fonctionnaire de l’État, et encore plus en tant que président, votre première et plus importante responsabilité est de protéger votre peuple.

[…] 200 000 personnes meurent chaque année aux États-Unis à cause de la pollution de l’air et la moitié de nos rivières et de nos cours d’eau sont trop pollués pour que cela n’affecte pas notre santé. On ne peut pas s’asseoir et ne rien faire alors que des gens tombent malades et meurent, surtout quand on sait qu’il existe une solution."

Les grandes métropoles mobilisées

Plusieurs maires de grandes villes du monde ont aussi affiché leur désapprobation. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a affirmé dans une déclaration que "quelle que soit la décision définitive de Donald Trump, les grandes villes du monde – et notamment les douze villes américaines membres du C40 –, sont et seront au rendez-vous de leurs responsabilités pour mettre en œuvre l’accord de Paris". Anne Hidalgo, qui dirige le C40, un réseau de 91 grandes métropoles mondiales mobilisées contre le dérèglement climatique, a d’ailleurs fait illuminer l’hôtel de ville de en vert pour répondre symboliquement à la décision de Donald Trump.

La couleur verte a aussi brillé à New York, où le maire de la Grosse Pomme Bill de Blasio a indiqué sur Twitter que New York honorerait les objectifs de l'accord de Paris sur le climat, et ce, malgré la décision de Donald Trump.

Mais la meilleure réponse à Donald Trump est de loin celle du maire de Pittsburgh. Dans le discours au cours duquel il a annoncé le retrait des États-Unis de l'accord de Paris, Donald Trump a en effet utilisé la ville de Pennsylvanie pour justifier sa décision isolationniste :

"J’ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris", a ainsi déclaré le président américain.

Ce qui n'a pas vraiment plu au maire de Pittsburgh, Bill Peduto, qui a immédiatement répondu à Donald Trump :

"En tant que Maire de Pittsburgh, je peux vous assurer que nous suivrons les directives de l'accord de Paris pour notre peuple, notre économie et notre futur."

À voir -> Face à Donald Trump, le Speech d’Al Gore sur l’urgence climatique