Le président catalan a déclaré l’indépendance de sa région, avant d’en suspendre les effets

Comme tous les jours depuis le référendum d’autodétermination du 1er octobre, la situation en Catalogne a connu, mardi 10 octobre, un nouveau rebondissement politique qui a secoué l’Espagne.

Les mots prononcés mardi 10 octobre par Carles Puigdemont, le président de la communauté autonome de Catalogne, sont encore sur toutes les lèvres aujourd’hui en Espagne :

"En tant que président du gouvernement de Catalogne, j’assume et je présente le résultat du référendum devant vous et devant nos concitoyens : la Catalogne sera un État indépendant sous la forme d’une République. […]

Et avec la même solennité, le gouvernement et moi-même proposons que le Parlement suspende les effets de la déclaration d’indépendance afin que, dans les prochaines semaines, nous entamions un dialogue [avec Madrid] sans lequel il n’est pas possible de parvenir à une solution commune."

Près de dix jours après le référendum d’autodétermination en Catalogne, qui a vu le "oui" sortir largement gagnant avec 90,18 % des suffrages exprimés – malgré un faible taux de participation, de 42,3 % – le président de la région a donc tenté de jouer les équilibristes en annonçant l’indépendance de sa région… avant de suspendre la déclaration officielle d’indépendance.

Une heure après cette annonce, le gouvernement espagnol a condamné le plan du leader séparatiste catalan. "Une déclaration implicite d’indépendance, suivie ensuite d’une suspension explicite […] n’est pas admissible", a ainsi déclaré Soraya Saenz de Santamaría, la numéro deux du gouvernement conservateur, avant d’ajouter : "C’est le discours de quelqu’un qui ne sait pas où il est, ni où il va, ni avec qui aller."

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