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Les États-Unis suppriment le statut spécial accordé aux réfugiés haïtiens depuis le séisme de 2010

Les quelque 58 700 Haïtiens qui avaient trouvé refuge aux États-Unis après le violent séisme de 2010 bénéficiaient depuis d’un statut spécial leur permettant de vivre et de travailler légalement sur le territoire américain.

Une rue de Port-Au-Prince, en 2010, après le séisme. (© Godong/UIG via Getty Images)

Juste après le puissant séisme qui avait frappé Haïti, et qui avait coûté la vie à 230 000 personnes en 2010, l’administration Obama avait accordé un statut spécial aux réfugiés venus de ce pays des Grandes Antilles. Appelé statut de protection temporaire (TPS), il permettait aux Haïtiens réfugiés aux États-Unis en raison de cette catastrophe naturelle de rester sur le sol américain et d’y travailler légalement de façon temporaire. Depuis sa mise en place, le statut de protection temporaire avait régulièrement été renouvelé. Mais ça, c’était avant.

Lundi 20 novembre, les autorités américaines ont en effet annoncé la fin de ce programme spécial dont bénéficiaient plus de 58 000 Haïtiens. Après avoir "passé en revue les conditions dans lesquelles le pays avait initialement obtenu" ce statut de protection temporaire, la ministre par intérim du département de la Sécurité intérieure (DHS), Elaine Duke, a considéré dans un communiqué que ces "conditions extraordinaires mais temporaires […] n’existaient plus".

"C’est une honte"

Selon les autorités américaines, Haïti ne serait aujourd’hui en effet plus dans une situation aussi précaire qu’au lendemain du séisme. "Depuis le tremblement de terre de 2010, le nombre de personnes déplacées en Haïti a diminué de 97 %. Des mesures importantes ont été prises pour améliorer la stabilité et la qualité de vie des citoyens haïtiens", justifie le DHS.

Le statut de protection temporaire ne sera ainsi plus valable à compter du 22 juillet 2019. Cette échéance a été donnée afin de permettre aux Haïtiens bénéficiant du programme d’avoir "du temps pour préparer leur retour".

"C’est une honte. C’est complètement inapproprié compte tenu des conditions en Haïti. C’est un triomphe de l’idéologie sur les faits, a regretté auprès de l’Agence France Presse Steve Forester, de l’Institut pour la justice et la démocratie à Haïti, basé à Miami (Floride), où réside une importante communauté haïtienne. Cela va déstabiliser Haïti et c’est mauvais pour les États-Unis."

Selon le Los Angeles Times, près de 30 000 Haïtiens concernés par ce statut résident actuellement en Floride. Cet été, alors que l’annonce de la suppression du programme se faisait sentir, des milliers de migrants haïtiens vivant aux États-Unis ont ainsi franchi la frontière avec le Canada pour y demander l’asile selon l’AFP.