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Les "faits alternatifs" de François Fillon au 20 Heures de France 2

François Fillon était l'invité du 20 Heures de France 2 dimanche 5 mars. À cette occasion, le candidat LR à la présidentielle a enchaîné les informations approximatives. Quand elles n'étaient pas fausses.

Source © Konbini

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Dimanche 5 mars, après avoir rassemblé quelques dizaines de milliers de personnes place du Trocadéro, à Paris, François Fillon était l'invité du journal télévisé de France 2. À cette occasion, le candidat Les Républicains a martelé qu'il représenterait coûte que coûte la droite lors de la prochaine élection présidentielle, et ce, malgré les nombreuses défections qu'a connues son camp depuis l'annonce de sa probable mise en examen. Au cours de l'interview, François Fillon a également enchaîné les informations fausses et approximatives, à tel point que des internautes l'ont rapidement comparé à Donald Trump, connu pour ses "fake news" (informations fausses) et autres "alternative facts" (faits alternatifs). Voici un récapitulatif des "faits alternatifs" et fausses informations de François Fillon lors de son intervention au JT de France 2.

Non, aucune chaîne d'info n'a annoncé le suicide de Pénélope Fillon

Lors de sa prestation télé, afin de mettre l'accent sur ce qu'il considère être une campagne de calomnies lancée contre lui dans les médias, François Fillon a déclaré que des chaînes de télévision avaient annoncé, à tort, le suicide de sa femme, Penelope Fillon. "Compte tenu de tout ce qui m'est tombé dessus depuis un mois, compte tenu de la violence des commentaires, compte tenu du fait que... Enfin... on a annoncé le suicide de ma femme mercredi matin. On a annoncé le suicide de ma femme mercredi matin sur des chaînes de télévision ! " (à partir de 12'20'').

À deux reprises donc, François Fillon affirme que des médias ont annoncé le suicide de sa femme. Une accusation grave si elle était avérée. Après cette déclaration choc, de nombreux journalistes ont donc fait des recherches... Jean-Michel Apathie, des journalistes de Quotidien, de Libération, d'Europe 1 ou encore du Monde... Nombreux sont ceux à avoir cherché le média qui avait fait cette annonce fausse et lourde de conséquences. En vain. Personne n'a à ce jour trouvé trace d'un quelconque média ayant annoncé le suicide de Penelope Fillon.

Pour certains, l'annonce du "suicide" dont a parlé François Fillon lors de son intervention télévisée correspondrait peut-être à ce commentaire d'un journaliste de BFM TV, émis le jour de l'annulation de la venue du candidat de la droite au Salon de l'agriculture. Le journaliste évoquait alors une possible "affaire privée" concernant l'épouse de François Fillon, qui aurait pu expliquer l'absence du candidat au Salon de l'agriculture. Ce commentaire a été fait avant que tout le monde n'apprenne que François Fillon était en fait convoqué chez les juges d'instruction en vue d'une mise en examen. Dans ce commentaire journalistique, il n'était en tout cas question à aucun moment d'un suicide de Penelope Fillon. Pour le moment, personne ne sait si c'est à cette séquence qu'a fait référence M. Fillon lors de son interview au JT de France 2, l'intéressé et son équipe de campagne n'ayant toujours pas donné de détails plus précis sur le média coupable du fameux mensonge.

Des chiffres de participation du rassemblement au Trocadéro gonflés

Dimanche 5 mars, un "rassemblement populaire" était donc organisé à l'appel de François Fillon, place du Trocadéro à Paris, pour "montrer, aux yeux de tous, ce qu’est la volonté des militants de la France". Alors que le candidat semblait être lâché de toutes part par ses soutiens, l'objectif était de montrer qu'il n'était en réalité pas seul. Des dizaines de milliers de personnes se sont donc rassemblées. Comme d'habitude cependant, les chiffres de participation des organisateurs, des forces de polices et des journalistes étaient loin d'être les mêmes. Selon les déclarations de François Fillon lors de son interview télévisée sur France 2, près de 200 000 personnes s'étaient réunies place du Trocadéro. Et même 300 000, si l'on en croit le sénateur vendéen Bruno Retailleau, soutien fidèle de François Fillon.

La veille du rassemblement, le président du conseil national de la société civile de François Fillon, et organisateur de la manifestation de soutien, Pierre Danon, annonçait pourtant sur Francetv info que Les Républicains visaient une participation de 45 000 personnes au rassemblement, car il s'agit de la capacité maximale de la place du Trocadéro. Mais lors de son interview sur France 2, François Fillon a augmenté d'un coup la capacité maximale de la place du Trocadéro à 80 000 personnes....

François Fillon s'attire la foudre des personnes souffrant d'autisme

Autre déclaration faisant l'objet d'une polémique : trois fois pendant son interview donnée à Laurent Delahousse, François Fillon a déclaré "ne pas être autiste", pour expliquer notamment qu'il était à l'écoute des critiques des membres de son parti. "Je ne suis pas autiste, je vois bien les difficultés." Une expression qui n'a pas plu à tout le monde. Dès la fin de l'entretien télévisé, sur les réseaux sociaux, des personnes atteintes de troubles autistiques et leurs proches ont fait part de leur indignation face à l'utilisation de ce terme par le candidat. Certains ont même rappelé que l'épouse de François Fillon était la marraine de l'association Asperger aide France, organisme qui "se mobilise pour sensibiliser les ministères francais de l'Éducation, de la Santé, des Solidarités et les autorités du pays, le grand public, au syndrome d'Asperger". Le syndrome d'Asperger est un trouble de la famille de l'autisme...

À la suite des déclarations du candidat LR à la présidentielle, la présidente de l'association SOS autisme France a déclaré avoir saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).