L’exil ou la prison : Israël durcit sa politique contre les migrants africains

Les migrants qui accepteront de partir recevront un billet d’avion et près de 3 000 euros.

Manifestation de migrants africains à Tel-Aviv, en 2014. (© Amir Levy/ullstein bild via Getty Images)

Une injonction de quitter le territoire sous forme d’ultimatum : le programme annoncé mercredi 3 janvier par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est sans équivoque. Il s’agit de "faire partir les migrants entrés illégalement", a-il déclaré au début d’une réunion de son cabinet, comme le rapporte BFM.

Les migrants auront seulement deux options : "la déportation volontaire ou la prison", a précisé le ministre de l’Intérieur israélien. Environ 38 000 personnes en situation irrégulière seraient concernées. Les migrants qui accepteront de partir recevront un billet d’avion et près de 3 000 euros. Ils ont jusqu’à fin mars pour faire ce choix. Après cette date, il sera encore possible pour ces personnes de quitter volontairement Israël, mais une somme inférieure leur sera remise.

Autre mesure pour les inciter à partir : une retenue de 20 % sur le salaire de ceux qui ont un emploi, qui ne leur sera rendue qu’au moment du départ. "Il s’agit de les dégoûter de la Terre sainte", dénoncent des ONG israéliennes de défense des migrants citées par L’Express.

Des migrants en majeure partie Érythréens et Soudanais

Ces migrants viennent principalement de l’Érythrée et du Soudan, deux pays faisant face à de graves difficultés économiques et politiques. Le gouvernement israélien reconnaît donc que les ressortissants de ces deux pays ne peuvent retourner chez eux. Comme l’a rappelé dans un communiqué le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Israël a des obligations légales s’agissant de la protection des réfugiés.

"Israël a une douloureuse histoire de migration et d’exil. Les nouvelles générations ne doivent pas oublier que les réfugiés ne fuient pas par choix, mais parce qu’ils n’ont pas d’autre choix", a ajouté le haut-commissaire du HCR, Filippo Grandi.

Selon des ONG israéliennes, le gouvernement a signé des accords avec des pays tiers, qui doivent accueillir les migrants volontaires venant du Soudan et de l’Érythrée. À titre d’exemple, le Rwanda se serait engagé à accueillir 10 000 personnes, moyennant finance. Selon Le Figaro, Kigali toucherait ainsi 5 000 dollars pour chaque migrant accueilli, même si la situation politique de ce pays ne permet nullement de garantir leur sécurité.

Depuis 2007, la plupart de ces personnes sont entrées illégalement en Israël via l’Égypte. Le gouvernement israélien souhaite aussi fermer les centres de rétention mis en place pour les accueillir, où quelque 1 500 migrants sont actuellement soumis à un régime de semi-liberté.

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